«Plusieurs détenus» ont pris vendredi en otage des agents pénitentiaires dans une prison de la région russe de Volgograd (sud-ouest), ont affirmé les autorités. Elles ont fait état de «victimes». Les preneurs d'otages se réclament du groupe Etat islamique (EI).
Lors d'une commission disciplinaire à la colonie pénitentiaire N°19, «plusieurs détenus ont pris en otage des employés», a indiqué le service fédéral des prisons (FSIN) dans un communiqué sur Telegram. Des "opérations" sont en cours pour libérer les otages et «il y a des victimes», a-t-il ajouté.
Le gouverneur de la région, Andreï Botcharov, a indiqué que quatre employés de l'administration pénitentiaire blessés pendant l'attaque avaient été hospitalisés. Lors d'une réunion du Conseil de sécurité russe où la prise d'otages a été évoquée, le président Vladimir Poutine a, lui, demandé un compte rendu au ministre de l'Intérieur, Vladimir Kolokoltsev.
La main de l'EI ?
Cette prison «à régime sévère», c'est-à-dire aux conditions de détention strictes, est située dans la ville de Sourovikino, à environ 120 kilomètres à l'ouest de la capitale régionale Volgograd. Des vidéos non authentifiées par l'AFP tendent à accréditer la thèse d'une prise d'otages orchestrée par des sympathisants de l'EI. Une première vidéo diffusée par plusieurs médias russes montre une pièce au sol couvert de sang.
On y voit quatre hommes en treillis, couchés et ensanglantés, certains apparemment inanimés, et au moins deux autres hommes filmés debout par un troisième individu qui s'exprime en arabe. Puis ce dernier revendique, en russe, leur appartenance au groupe Etat islamique (EI). Sur cette vidéo de 46 secondes, l'un des hommes tient un couteau d'une main et, de l'autre, un des gardiens présumés par le cou.
Une autre vidéo montre quant à elle quatre agresseurs présumés, dont au moins deux tiennent un couteau, l'un d'entre eux arborant aussi ce qui semble être un drapeau de l'EI.
«Respecter les lois»
«Toute personne se trouvant sur notre territoire est tenue de respecter et d'observer les lois de la Russie», a réagi le gouverneur Andreï Botcharov. «Nous ne permettrons à personne d'essayer de fomenter des discordes ethniques», a-t-il ajouté, affirmant aussi qu'«il y a suffisamment de forces et de moyens pour aider les victimes».
Mi-juin, plusieurs membres de l'organisation djihadiste avaient été tués après avoir pris en otage deux agents pénitentiaires dans une prison de la région de Rostov (sud-ouest), voisine de celle de Volgograd.
La Russie a été visée à de multiples reprises par des attaques revendiquées par l'organisation djihadiste, bien que l'influence de l'EI reste limitée dans le pays.
Fin mars, un attentat avait été revendiqué par l'EI contre le Crocus City Hall, une salle de concert près de Moscou, où des hommes armés avaient tué 145 personnes, soit la pire attaque commise en Russie en près de 20 ans.