«Une erreur fatale»
Poussé à l'exil par Poutine, un opposant dénonce le chaos au Kremlin

Boris Nadezhdin, ancien proche de Poutine, critique la gestion chaotique du Kremlin. Il avertit que la guerre en Ukraine menace le régime et que la fin du conflit pourrait être présentée comme une victoire.
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Vladimir Poutine subit une pression énorme en Russie.
Photo: IMAGO/Alexander Kazakov
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Janine Enderli

La situation entre l'Ukraine et la Russie s'aggrave depuis des mois. Alors que la Russie mise principalement sur la pression au front et des attaques balistiques contre les villes ukrainiennes, les Ukrainiens mènent des offensives en profondeur sur le territoire russe. Une guerre d'usure s'est installée depuis longtemps.

Boris Nadezhdin connaît le chef du Kremlin depuis les années 1990. Il a quitté la Russie il y a un peu plus d’une semaine et vit désormais à Paris. Il a accordé une entrevue au journaliste allemand Artur Weigandt pour ntv.de et voici un résumé de ses principales déclarations.

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Le système russe entre «panique chaos»

Interrogé sur l’état du système politique, Boris Nadezhdin affirme que le système russe est en proie à la «panique et au chaos». Pour lui, l’exclusion du parti d’opposition Iabloko des élections législatives prouve la détresse de ce système. «De fait, plus aucune décision stratégique n’est prise.» Le régime agit au gré des circonstances et chacun évalue la situation à sa manière. «La décision qui s’impose dépend de qui est le plus proche de Poutine à ce moment-là. C'est aussi simple que cela», explique Boris Nadezhdin. Poutine lui-même ne donne pas d'ordres pour réprimer des partis ou éliminer des individus.

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Le climat dans le pays a basculé

Avant de quitter la Russie, Boris Nadezhdin menait des activités politiques dans la région de Moscou. Il dirige son propre institut, qui réalise régulièrement des sondages. «Depuis février, nous constatons un revirement important de l’opinion publique: de nombreux problèmes surgissent, l’irritabilité grandit et les relations avec Poutine et son parti se détériorent», souligne-t-il. Même dans l’entourage de Poutine, les critiques se multiplient.

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La guerre a été une «erreur fatale»

Boris Nadezhdin a siégé quelque temps aux côtés de Poutine au sein de l’administration présidentielle et décrypte la conception du pouvoir selon le chef du Kremlin. «Il est convaincu qu’il a réellement besoin du soutien du peuple: pour lui, la légitimité découle de l'appui de la majorité. Il sait que le pouvoir ne peut reposer uniquement sur la peur et la répression», explique Boris Nadezhdin. Mais il estime que Poutine s’est lourdement trompé au sujet de la guerre en Ukraine. «Ce fut son erreur fatale.»

La guerre entre déjà dans sa cinquième année et la population en subit les conséquences, notamment à travers la hausse des prix. «Un conflit dans les pays baltes serait un suicide», estime Boris Nadezhdin.

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Poutine pourrait mettre fin à la guerre

Boris Nadezhdin est persuadé que Poutine pourrait arrêter la guerre et que cela lui serait bénéfique. Il estime même que le chef du Kremlin pourrait présenter la fin du conflit à sa population comme une victoire. Mais il doit se décider rapidement, sans quoi la situation risque de devenir de plus en plus dangereuse. Selon Boris Nadezhdin, mettre fin à la guerre ne poserait aucun problème. «Tout dirigeant autoritaire peut faire ce qu’il veut. Il peut dire: 'Nous avons gagné, c’est fini' – ce serait même la meilleure option.»

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Une seule condition à remplir

«Ce qui poussera Poutine à changer de cap, c’est avant tout sa propre prise de conscience que le statu quo est dangereux, aussi bien pour la Russie que pour lui personnellement. Cette prise de conscience se manifestera notamment à travers la situation économique, sur le front et lors des frappes contre la Russie.»

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