Faveurs gouvernementales?
Les donateurs derrière les 330 millions de dollars pour la salle de bal de Trump

Des géants comme Nvidia et Apple, de richissimes particuliers, ont donné à Donald Trump un peu moins de 400 millions pour la salle de bal de la Maison Blanche. Au même moment, ils bénéficiaient d'avantages du gouvernement.
Les donations pour la salle de bal de la Maison Blanche sont d'une taille et d'une opacité rares.
Photo: AP Photo/Julia Demaree Nikhinson
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Myret ZakiJournaliste Blick

Des documents secrets révèlent qui ont été les donateurs privés derrière les 330 millions de dollars récoltés par Donald Trump en octobre 2025 pour la nouvelle salle de bal de la Maison Blanche, qui fait partie de la construction de la nouvelle aile orientale (East Wing). Le coût total du projet est estimé à 600 millions de dollars.

Anonymat levé pour plusieurs donateurs

Le registre, que s'est procuré le «Washington Post», révèle les dessous d'une campagne de levée de fonds extraordinaire par sa taille et par son opacité. Parmi ces noms figurent des contributeurs jusque-là restés secrets, qui ont bénéficié de décisions réglementaires de la Maison Blanche, de contrats gouvernementaux, et même du pardon de Donald Trump dans un cas, celui d'un banquier italo-vénézuélien. Plus de la moitié des dons proviennent d'entreprises ou de managers qui ont bénéficié de contrats avec le gouvernement fédéral durant le deuxième mandat de Trump, a estimé le «Washington Post», qui montre à quel point les timings coïncident entre les dons effectués et les faveurs reçues.

Parmi les plus gros donateurs figurent Nvidia et Apple, qui ont chacun contribué 25 millions, le montant le plus élevé de la liste. La famille Adelson, l'une des plus grandes dynasties de donateurs au parti républicain, positionné pro-Israël, a également contribué à cette somme. Tout comme le milliardaire Charges Ergen, co-fondateur et président du groupe de télécoms Dish Network. Amazon, Caterpillar, Comcast, Microsoft et T-Mobile figurent aussi parmi les grandes entreprises donatrices.

Aucun intérêt particulier à donner

Parmi les noms de la liste, ceux que le «Washington Post» a réussi à joindre ont assuré qu'il n'y avait aucune connexion entre leurs dons et d'éventuelles actions favorables du gouvernement. Le tableau reproduit dans le média américain indique les noms et les montants pour l'entièreté de la liste.

Nvidia, le géant américain des puces pour l’intelligence artificielle, a effectué sa donation record en octobre 2025, et requis qu'elle soit anonyme. Or elle a eu lieu trois mois après que le groupe ait conclu un accord privilégié avec l'administration Trump: il lui permettra de vendre des micropuces avancées à la Chine, ceci malgré les restrictions américaines très sévères face à ce pays et liées à la sécurité nationale.

Charles Ergen a quant à lui effectué sa donation après l'abandon d'une enquête fédérale menaçant les licences de son groupe EchoStar, et avant l'autorisation de vendre certaines de ses fréquences à AT&T. D'autres donations, quoique plus petites, n'en sont pas moins significatives. A l'instar de l'ambassadeur américain aux Pays-Bas, Joseph Popolo Jr., qui a contribué 1 million de dollars avec son épouse fin 2025, deux mois après sa confirmation comme ambassadeur.

Accès à la Chine et au pétrole vénézuélien

Le secteur des cryptomonnaies a contribué de 18 millions, dont 5 millions de la part des frères Winklevoss (Gemini crypto exchange), alors que les réglementations du secteur se sont adoucies sous l'administration Trump. Le président américain, qui a lancé ses propres cryptomonnaies, affectionne particulièrement le secteur.

Parmi les autres exemples donnés par le «Washington Post» figurent quelque 10 millions offerts par deux mécènes qui ont investi dans le pétrole vénézuélien. Un marché juteux, que Donald Trump contrôle en bonne partie depuis l'arrestation du président Nicolas Maduro en janvier.

Dans un autre cas, le gérant de fonds spéculatifs Paul Singer s'est engagé à donner 5 millions à travers sa fondation, toujours en octobre 2025. Soit un mois avant que son hedge fund ne reçoive une décision favorable du tribunal pour poursuivre le rachat d'une compagnie pétrolière vénézuélienne pour 5,9 milliards. Cette transaction va encore nécessiter l'approbation de plusieurs agences fédérales.

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