La stratégie militaire de Donald Trump ne convainc pas. Selon un sondage Reuters/Ipsos publié dimanche 1er mars et réalisé en ligne auprès de 1’282 adultes, seuls 27% des Américains approuvent les frappes américaines menées en Iran et ayant conduit à la mort du guide suprême Ali Khamenei.
L’opinion publique apparaît nettement plus sceptique que la Maison Blanche. Plus de la moitié des personnes interrogées (56%) estiment que le président américain est trop enclin à recourir à la force militaire. Le clivage partisan reste marqué: 55% des républicains soutiennent l’opération, contre à peine 7% des démocrates. Avant les frappes américaines menées en Iran samedi 28 février, le président américain avait déjà ciblé le Venezuela, la Syrie et le Nigeria ces derniers mois.
La mort de soldats décisive?
Plus de 40% des sondés désapprouvent explicitement les frappes, tandis que 29% se disent indécis. Le sondage a été mené alors que les bombardements américains et israéliens étaient en cours. Il s’est achevé avant l’annonce officielle des premières pertes américaines: trois militaires tués et cinq grièvement blessés.
Même au sein du camp républicain, le soutien n’est pas inconditionnel. Quelque 42% des électeurs du parti de Trump affirment qu’ils seraient moins enclins à appuyer la campagne contre l’Iran si elle entraînait la mort ou des blessures de soldats américains au Moyen-Orient.
Donald Trump de plus en plus isolé?
Des figures conservatrices prennent leurs distances avec la politique au Moyen-Orient de Donald Trump. Marjorie Taylor Greene a dénoncé une «trahison» envers sa base électorale, estimant que les Américains avaient voté pour mettre fin aux interventions militaires à l’étranger.
Le député du Kentucky Thomas Massie a, lui aussi, vivement critiqué l’opération. «Bombarder un pays à l’autre bout du monde ne fera pas disparaître les dossiers Epstein», a-t-il ironisé, suggérant que la Maison Blanche chercherait à détourner l’attention d’autres affaires sensibles.
Le vice-président J.D. Vance avait encore exprimé, en octobre 2024, son opposition à toute intervention militaire américaine en Iran. «Nos intérêts ne résident absolument pas dans une guerre en Iran», déclarait-il alors, estimant que la sécurité régionale devait relever d’Israël et des pays du Golfe.
Un risque pour les primaires
L’escalade militaire intervient à quelques mois des élections de mi-mandat de novembre, qui détermineront si les républicains conservent leur majorité au Congrès. Or, selon les enquêtes Reuters/Ipsos, la priorité des électeurs reste l’économie, loin devant les questions de politique étrangère.
Près de 45% des personnes interrogées affirment qu’elles seraient moins susceptibles de soutenir la campagne contre l’Iran si les prix du gaz ou du pétrole augmentaient aux Etats-Unis. Le pétrole Brent a déjà bondi d’environ 10% pour atteindre près de 80 dollars le baril dimanche sur le marché hors cote. Certains analystes évoquent la possibilité d’un baril à 100 dollars en cas de tensions prolongées. Pour Donald Trump, le pari militaire pourrait donc rapidement se transformer en risque politique.