Pour compenser son âge?
Trump affiche une obsession pour la virilité et les «beaux mecs»

Donald Trump, qui fête ses 80 ans, accueillera dimanche un tournoi de MMA à la Maison Blanche. Une nouvelle illustration de son obsession pour la virilité, selon des experts, alimentée par ses fréquents commentaires sur l'apparence masculine.
Le président américain de 80 ans multiplie les louanges sur le corps des athlètes.
Photo: keystone-sda.ch
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AFP Agence France-Presse

Un «beau mec» avec des bras «comme de l'acier» et des «cuisses comme des troncs»: il se passe rarement une semaine sans que Donald Trump ne fasse des commentaires flatteurs à propos d'hommes qu'il rencontre.

Cette fascination presque comique du président américain participe selon les experts d'une exaltation généralisée de la virilité, illustrée aussi par sa décision d'accueillir dimanche une compétition de MMA, sport de combat particulièrement brutal, à la Maison Blanche. «C'est comme s'il essayait d'atteindre cette virilité glorifiée qu'il ne peut plus incarner», analyse pour l'AFP Sabrina Karim, professeure de sciences politiques à l'université Cornell, qui s'inquiète d'une vision qui viendrait légitimer la violence masculine.

Notant que le tournoi d'arts martiaux mixtes aura lieu le jour des 80 ans du dirigeant républicain, elle ajoute: «Il vieillit, donc il ne peut s'empêcher d'avoir ce sentiment de perte» qui le conduit à noter avec toujours plus d'acuité la jeunesse ou la vigueur des hommes autour de lui. Pendant une récente cérémonie de remise de diplômes de gardes-côtes, le républicain a invité sur scène un jeune homme ayant particulièrement brillé aux épreuves sportives.

«Lui toucher la jambe»

«Je veux le voir de près. Ouah!» s'est exclamé le président américain, en le voyant arriver. En déplacement dans le Wisconsin, Donald Trump a croisé Jordan Stolz, double champion olympique de patinage de vitesse et lancé: «J'ai oublié de lui toucher la jambe», en louant son physique athlétique. Il a aussi parlé du bras «semblable à de l'acier» d'un cadet de la marine et qualifié Jaxson Dart, quarterback de l'équipe de football américain des New York Giants, de «beau mec» aux jambes «comme des troncs d'arbres». Donald Trump jauge aussi les dirigeants étrangers, et réserve ses compliments à ceux qu'il apprécie. Il trouve par exemple «séduisant» le président du Paraguay Santiago Pena ou le dirigeant syrien Ahmad al-Chareh.

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La présidence américaine a toujours été un concours de virilité
Dan Cassino, professeur à l'université Fairleigh Dickinson University
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En 2024 le milliardaire, alors candidat, avait évoqué les attributs virils supposément impressionnants du golfeur Arnold Palmer: «J'aime les femmes mais cet homme, c'était un homme un vrai (...). Je ne veux pas en parler, mais quand il prenait des douches avec d'autres professionnels, ils ressortaient en disant 'Oh mon Dieu c'est incroyable'». «Il est devenu clair que Donald Trump aime les beaux mecs», relevait récemment le magazine gay The Advocate, en ajoutant, de manière moqueuse, que la compétition à venir de MMA était «le spectacle homo-érotique le plus sophistiqué de l'histoire.»

Dans la même veine, l'animateur du compte Instagram «Branhattan» amuse ses quelque 794'000 abonnés avec des vidéos parodiques intitulées «Tr*mp est né pour être un homme gay», dans lesquelles il double le président américain avec mimiques suggestives et clins d'oeil appuyés.

«Ironique»

Le président lui-même se vante souvent d'avoir emprunté à la communauté gay ce qu'il appelle son «hymne national», le tube des Village People «YMCA», qui conclut systématiquement ses meetings. Tout cela est «très ironique. Ce même gouvernement a travaillé sans relâche pour bannir les personnes LGBTQ de l'armée, effacer l'histoire des personnes transgenres dans les archives officielles, et signaler (...) que les homosexuels ne sont pas bienvenus en Amérique», critique The Advocate. «La présidence américaine a toujours été un concours de virilité», explique à l'AFP Dan Cassino, professeur à l'université Fairleigh Dickinson University, selon qui Donald Trump «s'est saisi de ce registre qui était implicite (et) en a fait quelque chose d'explicite».

Le milliardaire, qui a organisé des concours de beauté, fait aussi des commentaires sur les femmes. Il avait notamment suscité un certain émoi diplomatique en louant l'apparence de la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni. Il a au contraire attaqué l'apparence d'une journaliste du «New York Times» qui avait écrit un article sur sa santé et reproché à une vedette de CNN, chaîne qu'il déteste, de n'être pas assez avenante. «Une jolie jeune femme. Jamais un sourire», lui a-t-il lancé.

Pour mobiliser la base «MAGA» (Make America Great Again) et en particulier les jeunes hommes qui ont été nombreux à voter pour lui en 2024, Donald Trump va «d'abord dénigrer les femmes», note Dan Cassino, puis «mettre en valeur les hommes qui ont les qualités» requises, comme par exemple les athlètes qui s'affronteront lors du tournoi de MMA. Ce sont des hommes «jeunes, musclés, forts et prêts à la violence. Ils ressemblent aux images de lui-même trafiquées par IA que Trump publie sur les réseaux sociaux. Le message est clair: les hommes sont comme ça, et c'est pour cela qu'ils doivent diriger», résume le politologue.


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