A-t-elle menti sous serment?
Enquête ouverte contre une journaliste ayant accusé Donald Trump d'agression sexuelle

Une enquête pénale a été ouverte par le ministère américain de la Justice visant E. Jean Carroll, accusatrice de Donald Trump, selon plusieurs médias. Elle cherche à savoir si elle a menti sous serment lors de ses dépositions dans ses procès civils contre lui.
Selon E. Jean Carroll, Donald Trump l'aurait agressée dans les années 1990 dans un grand magasin de New York.
Photo: AP
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AFP Agence France-Presse

Une enquête pénale visant E. Jean Carroll, ancienne chroniqueuse du magazine «Elle» qui a accusé Donald Trump d'agression sexuelle, a été ouverte par les procureurs du ministère américain de la Justice, ont rapporté mercredi soir plusieurs médias. Cette nouvelle offensive du gouvernement de Donald Trump contre l'une de ses accusatrices vise à déterminer si l'autrice âgée de 82 ans a menti sous serment lors de dépositions liées aux deux procédures civiles qu'elle a intentées contre le président, rapportent CNN et le «New York Times», citant des sources proches du dossier.

La première porte sur des faits allégués de viol en 1996 dans une cabine d'essayage d'un grand magasin new-yorkais, pour lesquels le président avait été jugé responsable au civil. La seconde concerne une action en diffamation engagée après que Donald Trump a nié l'agression sexuelle en 2019 et remportée par E. Jean Carroll. Donald Trump a ou compte faire appel dans les deux dossiers, affirment les médias américains.

Aidée par un milliardaire

Selon CNN, les procureurs s'appuient sur une déclaration faite sous serment en 2022 par E. Jean Carroll, dans laquelle elle affirmait n'avoir reçu aucun financement extérieur pour ses procédures judiciaires. Il est apparu par la suite que le milliardaire Reid Hoffman avait pris en charge une partie des frais juridiques et des dépenses, toujours selon la chaine. Le ministère de la Justice n'a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire de l'AFP.

Cette nouvelle enquête constitue un exemple de plus des attaques judiciaires menées par le ministère de la Justice de Donald Trump, qui souhaite utiliser les tribunaux pour cibler ses ennemis personnels. La ministre de la Justice Pam Bondi avait été limogée début avril, après notamment une série de piteux échecs à faire aboutir des poursuites pénales téléguidées par Donald Trump contre certains de ses adversaires et visant notamment James Comey, l'ex-directeur du FBI (la police fédérale) et la procureure générale de l'Etat de New York, Letitia James.

Le président républicain a nommé pour assurer l'intérim à ce poste stratégique Todd Blanche, jusqu'alors numéro 2 du ministère. Depuis, le ministère a accéléré cette campagne de représailles. Ancien avocat personnel de Donald Trump dans le dossier E. Jean Carroll et d'autres, Todd Blanche s'est récusé pour cette affaire, rapportent le «New York Times» et CNN.

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