Donald Trump évacué lors des tirs au gala des correspondants
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Tirs à la Maison Blanche:Donald Trump évacué lors des coups de feu au gala des correspondants

Devant tous les correspondants
Les 5 questions clés sur le dîner qui aurait pu être fatal à Trump

L'irruption d'un homme armé et les échanges de tirs lors du dîner de l'association des correspondants à la Maison Blanche restera un moment décisif de la seconde présidence de Donald Trump. Retour sur une fusillade très politique.
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Le président des Etats-Unis avait accepté pour la première fois de se rendre au diner des correspondants à la Maison Blanche.
Photo: imago/UPI Photo
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Richard WerlyJournaliste Blick

Donald Trump est de nouveau miraculé. A coup sûr, les partisans de l’actuel président des Etats-Unis vont entonner ce refrain, après les scènes folles du traditionnel dîner de l’association des correspondants à la Maison Blanche, samedi 25 avril. Donald Trump et son épouse Melania avaient enfin accepté de participer à cette rencontre durant laquelle le chef de l’Etat est supposé blaguer avec les meilleurs journalistes de la presse américaine. Et vice-versa. Mais quelques minutes après leur arrivée, une tout autre scène a eu lieu dans la salle de bal de l'Hôtel Hilton de Washington.

Que s’est-il passé?

Le traditionnel dîner annuel des correspondants de la Maison Blanche se tenait à l'Hôtel Washington Hilton, où le président était arrivé depuis quelques dizaines de minutes avec son épouse Melania et une partie de son administration: sa porte-parole Karoline Leavitt, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et le chef de la diplomatie Marco Rubio.

Tous s’étaient levés pour l’hymne national, durant lequel Donald Trump, en plein conflit avec l'Iran, avait effectué un salut militaire. Puis, le dîner a commencé, le premier plat a été servi, avant de virer au chaos lorsque des coups de feu ont été entendus à proximité. Motif: un homme, Cole Tomas Allen, 31 ans, originaire de Torrance, en Californie, client de l’hôtel où se tenait l’événement, venait de forcer le barrage de sécurité à l'entrée de l'événement et de tirer plusieurs coups de feu. Il était armé, selon la police, «d’un fusil à pompe, d’une arme de poing et de plusieurs couteaux». Les agents du service secret ont fait irruption dans la salle et tout le monde a dû s'allonger sous les tables.

Selon l'AFP, le profil LinkedIn du tireur, dont la photo semble correspondre à celle des images diffusées par Trump, le présente comme ingénieur mécanique, informaticien, développeur de jeux vidéo et enseignant. Selon la procureure fédérale, Jeanine Pirro, il fait actuellement l'objet de deux chefs d'accusation: utilisation d'une arme à feu lors d'un crime violent, et agression d'un agent fédéral à l'aide d'une arme dangereuse. D'autres chefs d'accusation pourraient encore être retenus. 

Donald Trump était-il visé?

Bien sûr, même si le président des Etats-Unis n’a jamais été dans la ligne de mire du tireur, interpellé et plaqué au sol par le Secret Service au niveau des portiques de sécurité qu’il venait de franchir en courant. Aussitôt, des agents ont été vus escortant le président et la Première dame hors de la salle, tandis que des hauts responsables de l’administration, dont le vice-président JD Vance, le secrétaire à la Santé Robert F. Kennedy Jr. et le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, ont été aussi «évacués précipitamment». La salle de bal a immédiatement été verrouillée. Environ une heure plus tard, Donald Trump a tenu une conférence de presse à la Maison Blanche.

Peut-on parler d’attentat?

Oui, la configuration est bien celle d’un tireur désireux de tuer et –peut-être – d’atteindre le président lui-même, malgré le dispositif de sécurité. Cette tentative d’attentat est d’autant plus symbolique qu’elle intervient lors du moment le plus médiatique de l’année aux Etats-Unis, et dans l’hôtel devant lequel fut visé Ronald Reagan le 30 mars 1981, à l’issue d’une allocution au Washington Hilton devant le syndicat américain AFL-CIO.

La façon dont Donald Trump a réagi, plus défiant que jamais lors de sa conférence de presse, fait aussi penser à son poing levé après la tentative d’assassinat dont il fut l’objet le 13 juillet 2024 lors de l'un de ses meetings à Butler, en Pennsylvanie. Un meeting qui, pour son électorat, l’a transformé en «survivant» impossible à abattre. 

Ce dîner était-il symbolique?

Difficile de faire plus symbolique que ce dîner des correspondants de la Maison Blanche, une tradition de la presse américaine qui remonte à 1921 et à laquelle participe habituellement le président en exercice. Plus important encore: Donald Trump avait toujours refusé de s’y rendre en tant que chef de l'Etat, alors que la polémique est constante entre son administration et les grands médias, écartés des salles de presse au profit des influenceurs et des podcasters favorables à sa politique.

Le moment est aussi décisif: en pleine guerre en Iran, ce qui rendait tout le monde impatient d’entendre les plaisanteries que Trump aurait pu prononcer. Enfin, aspect personnel: c’est lors d’un dîner des correspondants identique à celui-ci, en 2011, que Barack Obama avait «humilié» Donald Trump, présent dans la salle, en plaisantant sur son complotisme. L’actuel président, il faut s’en souvenir, contestait alors la véracité du certificat de naissance d’Obama à Hawaï. Trump avait aussi assisté au même dîner en 2015.

Que va-t-il se passer maintenant?

Ironie des circonstances, cette tentative d’attentat commise dans la capitale fédérale va faire l’objet d’une enquête du FBI, cette police fédérale dont le directeur Kash Patel, présent au dîner, est l’une des figures les plus controversées de l’actuelle administration.

On en saura vite plus sur le suspect, qui travaillait en Californie dans le domaine des technologies. Donald Trump a aussi promis un nouveau dîner des correspondants dans trente jours. Mais, une fois l’émotion retombée, c’est l’Iran qui va redevenir l’objet de toutes les attentions, après la décision du président des Etats-Unis d’annuler samedi le voyage prévu au Pakistan de ses négociateurs.

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