Malgré les critiques
Le président du Conseil européen défend le maintien du dialogue avec Moscou

Malgré les critiques de certains Etats membres, Antonio Costa défend le maintien d’un dialogue avec Moscou en vue de futures négociations sur l’Ukraine. Les dirigeants européens appellent toutefois à une position unie face à la Russie.
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Le président du Conseil européen Antonio Costa a défendu vendredi son initiative diplomatique auprès du Kremlin
Photo: Anadolu via Getty Images
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AFP Agence France-Presse

Le président du Conseil européen Antonio Costa a défendu vendredi son initiative diplomatique auprès du Kremlin, critiquée par certains des 27, jugeant qu'il était important d'"écouter» la Russie en vue d'éventuelles discussions sur l'Ukraine.

«Malheureusement, le moment de négocier n'est pas encore venu. Mais, quoi qu'il en soit, nous devons établir immédiatement ce contact direct, car nous devons les écouter et nous devons pouvoir échanger», a-t-il déclaré vendredi devant la presse, à l'issue d'un sommet européen à Bruxelles.

Ces «contacts diplomatiques» de l'entourage de M. Costa avec Moscou, révélés mercredi, ont suscité des grincements de dents dans certaines capitales européennes, selon des diplomates à Bruxelles.

«La question aujourd'hui n'est pas de savoir qui, quand, comment on doit aller négocier avec la Russie», a souligné le président français Emmanuel Macron devant la presse. Et c'est principalement à la «Russie, à qui beaucoup d'offres ont été faites ces derniers mois, de dire quand elle sera prête à négocier», a-t-il ajouté.

Certains Etats membres sont favorables

Les 27 sont partagés sur les participants à une éventuelle table des négociations. Certains Etats membres sont favorables à une présence des grands pays, dans un format E3, acronyme diplomatique désignant la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne. D'autres, en revanche, accordent leur préférence aux institutions de l'UE, et donc à M. Costa.

«On a clarifié notre position», a assuré sur ce point M. Macron. Les «représentants des institutions et les Etats membres, qui sont clés pour les garanties de sécurité futures», seront autour de la table des négociations, lorsqu'elles se tiendront, a-t-il expliqué.

Autrement dit, le président du Conseil européen Antonio Costa, au titre des institutions de l'UE, et les pays européens prêts à garantir la sécurité future de l'Ukraine.

Parler d'une seule voix à la Russie

Le conseil européen rassemble les chefs d'Etat et de gouvernement des 27. Le chancelier allemand Friedrich Merz n'a pas dit autre chose en évoquant lui aussi devant la presse une présence simultanée des institutions et de certains pays de l'UE, comme ceux rassemblés au sein de l'E3.

«Ce sont des grandes puissances européennes, et ce sont également elles qui contribuent de manière considérable au soutien militaire apporté à l'Ukraine», a-t-il expliqué.

Et lorsque viendra le moment des négociations, «naturellement, il est clair que le président du Conseil européen, Antonio Costa, joue ici un rôle important», a-t-il déclaré.

Les dirigeants européens soulignent aussi la nécessité de parler d'une seule voix à la Russie le moment venu, sans tomber dans le «piège» de qui devrait prendre la parole, selon l'expression de la cheffe de la diplomatie de l'UE, Kaja Kallas.

«Tôt ou tard, la Russie devra se présenter à la table des négociations, notamment sous la pression de nos sanctions, et lorsque ce moment viendra, nous aurons besoin d'un message européen uni à l'adresse du président Poutine», a déclaré de son côté la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

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