Il risque 10 ans de prison
Un blogueur pro-Kremlin retourne sa veste, il est emprisonné le lendemain

Un soutien de Vladimir Poutine, qui avait témoigné contre Navalny, a osé critiquer la guerre contre l'Ukraine. Il a été arrêté le lendemain et risque une lourde peine.
La quasi-totalité des opposants sont désormais emprisonnés, morts ou en exil.
Photo: Getty Images
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AFP Agence France-Presse

Un blogueur russe, longtemps pro-Kremlin mais qui a récemment critiqué de façon inattendue Vladimir Poutine et son offensive en Ukraine, a été arrêté sur des accusations de diffusion de «fausses informations» sur l'armée russe, selon les agences de presse d'Etat vendredi.

Ilia Remeslo, 42 ans, a été arrêté à Saint-Pétersbourg et doit être transféré à Moscou, où sera décidée le concernant une «mesure de sûreté», comme un placement en détention provisoire ou une assignation à résidence, selon son avocat Sergueï Badamchine, cité par l'agence Tass.

Dans la foulée de son offensive à grande échelle contre l'Ukraine déclenchée en février 2022, la Russie a intensifié la répression contre les dissidents et les opposants, instaurant des lois de censure militaire strictes et condamnant les récalcitrants à des années de prison. La quasi-totalité des opposants sont désormais emprisonnés, morts ou en exil.

Témoignage contre Navalny

L'infraction reprochée au blogueur, pour laquelle un membre du parti d'opposition Iabloko a été condamné fin juin, lui fait encourir 10 ans de prison. Son arrestation intervient au lendemain de publications sur les réseaux sociaux où il écrivait que «Poutine sera emmené avec des menottes cet automne» et que «la situation se détériore rapidement pour Poutine».

Ilia Remeslo était un blogueur aux positions habituellement pro-Kremlin, connu pour avoir écrit et témoigné contre l'opposant Alexeï Navalny, mort dans une prison russe en 2024. Mais en mars, il avait publié sur Telegram «cinq raisons» pour lesquelles il avait «cessé de soutenir» le président russe.

«Poutine doit démissionner»

«Vladimir Poutine n'est pas un président légitime, Vladimir Poutine doit démissionner et être jugé comme criminel militaire et voleur», avait-il notamment accusé sur sa chaîne suivie par plus de 100'000 personnes, dénonçant aussi l'offensive en Ukraine comme étant «une impasse» qui a entraîné «1-2 millions de victimes» et qui est menée «uniquement à cause des complexes de Poutine».

Deux jours plus tard, le quadragénaire avait été hospitalisé au sein de l'hôpital psychiatrique numéro 3 de Saint-Pétersbourg, connu pour avoir été le lieu d'internement de dissidents politiques réprimés à l'époque soviétique. Il en était sorti en avril.


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