«On vit dans un Etat malade»
Le procès de l'opposant russe Nadejdine vire à la mauvaise blague

Boris Nadejdine a été condamné vendredi à une amende d'environ 10 francs par un tribunal russe. Une mascarade visant, selon lui, à l'empêcher de se présenter aux prochaines élections.
Les ennuis judiciaires de Boris Nadejdine ont commencé lorsqu'il a commencé à récolter des signatures pour se présenter la Douma.
Photo: keystone-sda.ch
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AFP Agence France-Presse

Un tribunal russe a condamné vendredi l'opposant russe Boris Nadejdine à une amende pour «démonstration de symboles extrémistes» lors d'une audience marquée par l'arrivée d'ambulanciers, des poursuites qu'il a dénoncées comme visant à l'empêcher de se présenter aux législatives de septembre.

«Le tribunal a décidé de reconnaître Boris Nadejdine coupable d'une infraction administrative et de lui infliger une amende de 1000 roubles», soit environ 10 francs, a déclaré le juge Dmitri Tchikounov, selon une journaliste de l'AFP présente au tribunal dans la ville de Dolgoproudny, dans la banlieue de Moscou.

«Agent de l'étranger»

Lors de l'audience, l'opposant de 63 ans, qui souffre notamment d'hypertension artérielle, s'est senti mal. Des ambulanciers dépêchés sur place l'ont allongé sur des chaises, dans le tribunal, et lui ont prodigué des soins alors que le juge s'était retiré pour prendre sa décision.

Il risquait 15 jours de détention, mais, après cette condamnation symbolique, il n'est pas exclu que d'autres poursuites soient lancées ultérieurement contre lui. «On vit dans un Etat malade», a-t-il lancé. «Tout ce cirque a été orchestré pour m'empêcher de participer aux élections», a-t-il ajouté. Environ une trentaine de personnes étaient venues pour le soutenir.

Depuis l'attaque massive contre l'Ukraine, en février 2022, le pouvoir russe a fortement accru la répression, emprisonnant des centaines de ses détracteurs. La quasi-totalité des opposants sont désormais emprisonnés, morts ou en exil. Boris Nadejdine, un ancien député de la Douma (2000-2003), fait partie des rares personnes en Russie à dénoncer publiquement le chef de l'Etat Vladimir Poutine et l'offensive en Ukraine, sans être emprisonné.

«Agent de l'étranger»

Ses ennuis judiciaires ont débuté alors qu'il avait commencé à récolter des signatures pour se présenter la Douma, la chambre basse du Parlement, lors d'élections en septembre. Il était poursuivi pour «démonstration de symboles extrémistes», une infraction administrative, car une photo de l'opposant Alexeï Navalny, qui avait été déclaré «extrémiste» avant sa mort en prison en 2024, était apparue furtivement sur la chaîne Telegram de Nadejdine en 2023.

La semaine dernière, Boris Nadejdine a par ailleurs été déclaré «agent de l'étranger», un statut qui lui interdit de se présenter à des élections. Mercredi, il avait affirmé à l'AFP que ces poursuites «ridicules» sont liées à une hausse de sa popularité après le lancement de sa campagne électorale, car il représente «une triste perspective» pour le Kremlin, celle de «l'apparition» d'un député d'opposition à la Douma.

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