Lors d'une table ronde à Arendal, en Norvège, Stian Jenssen a fait une proposition pour le moins surprenante. «Je pense qu'une solution pourrait consister à ce que l'Ukraine cède du territoire en échange d'une adhésion à l'OTAN».
Stian Jenssen est le chef de cabinet de longue date du secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg. Le Norvégien a même ajouté: «Je ne dis pas que cet échange est la seule solution, mais cela pourrait être une possibilité.»
«Ridicule!»
La proposition suscite l'émoi en Ukraine. Le conseiller du président Volodymyr Zelensky, Mykhailo Podolyak, a qualifié l'idée de «ridicule» et d'«absolument inacceptable». Il écrit sur le réseau social X (anciennement Twitter): «Cela signifie choisir délibérément la défaite de la démocratie, encourager un criminel mondial à préserver le régime russe, détruire le droit international et transmettre la guerre aux prochaines générations».
Si Vladimir Poutine ne subit pas une défaite écrasante, si le régime politique russe ne change pas et si les criminels de guerre ne sont pas punis, la guerre reviendra de toute façon. «Essayer de maintenir l'ordre mondial et de créer une 'mauvaise paix' en profitant, soyons honnêtes, du triomphe de Poutine, n'apportera pas la paix dans le monde, mais à la fois la honte et la guerre.»
«Notre position n'a pas changé»
Le ministère des Affaires étrangères à Kiev s'est exprimé de manière plus diplomatique. Le porte-parole Oleg Nikolenko écrit sur Facebook: «Nous sommes toujours partis du principe que les alliés, tout comme l'Ukraine, ne font pas commerce de leurs territoires». Le porte-parole accuse Stian Jenssen de rentrer dans le jeu de la Russie avec cette déclaration.
Oleg Nikolenko ajoute: «Il est dans l'intérêt de la sécurité euro-atlantique de discuter des moyens d'accélérer la victoire de l'Ukraine et son adhésion à part entière à l'OTAN».
Un porte-parole de l'OTAN s'est empressé de limiter les dégâts, faisant savoir à la chaîne ukrainienne Suspilne: «Nous soutiendrons l'Ukraine aussi longtemps que nécessaire et nous restons convaincus de parvenir à une paix juste et durable. Notre position n'a pas changé».
Le secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg ne s'est pas encore exprimé.