L’été approche à grands pas et l’industrie du tourisme s’attend à un afflux massif de visiteurs en Italie. Les plages du pays séduisent aussi de nombreux Suisses et Suissesses. Cette année, la menace de pénurie de kérosène et les incertitudes liées au trafic aérien pourraient inciter encore davantage de clients helvétiques à prendre la route vers le sud. Sur place, certaines plages pourraient toutefois offrir un spectacle surprenant.
En effet, de nombreuses chaises longues proposées à la location saisonnière sont déjà réservées. Dans la baie de Portonovo, sur la côte adriatique, tous les emplacements saisonniers sont déjà attribués, rapporte le média allemand «Bild». Le forfait comprenant deux chaises longues fixes et un parasol coûte pourtant entre 1200 et 3000 euros pour la saison. Il existe même des listes d’attente.
Chiffre d’affaires sécurisé pour les exploitants
A Riccione, également sur la côte adriatique, les abonnements saisonniers affichent complet. Les familles locales réservent souvent leur place pour des décennies. Même constat à Forte dei Marmi et Viareggio, en Toscane, où les emplacements saisonniers sont pratiquement tous vendus.
Certains exploitants de «lidos» – ces sections de plage aménagées – attribuent entre 60% et 70% de leurs chaises longues sous forme d’abonnement saisonnier. Une stratégie qui leur permet de sécuriser leurs revenus et de réduire leur dépendance aux conditions météorologiques. Mais cette pratique a aussi un effet pervers: en semaine, des visiteurs à la journée peuvent se retrouver sans solution, alors même que de nombreuses places restent inoccupées. Pour une location journalière, il faut généralement compter entre 30 et 50 euros.
Vers une plage à deux vitesses
Une forme de société à deux vitesses se dessine progressivement sur les plages italiennes. Si les offres les plus abordables n’augmentent leurs prix que modérément, le segment haut de gamme enregistre une forte hausse depuis plusieurs années. Les clubs de plage les plus réputés affichent des tarifs particulièrement élevés. Dans certaines adresses prisées des Pouilles, il faut parfois débourser plus de 1000 euros par jour en haute saison. A Portonovo aussi, les prix ont grimpé, avec une hausse pouvant atteindre 500 euros pour les emplacements les plus exclusifs, notamment en première ligne.
La réforme européenne des plages est également pointée du doigt. D’ici juin 2027 au plus tard, l’Italie devra remettre en concurrence l’ensemble des concessions de plage sous la pression de l’Union européenne. Cette obligation découle de la directive Bolkestein de 2006, qui vise à renforcer la concurrence sur le marché intérieur. En Italie, environ 30’000 exploitants de lido sont concernés, dont de nombreuses entreprises familiales actives depuis des décennies.
Pour beaucoup, cette réforme pourrait bouleverser la donne: leur plage, exploitée de longue date, pourrait à l’avenir être attribuée à un autre opérateur, parfois international.