En bref
- Des centaines de milliers d’enfants sont exploités aux Philippines et filmés dans le cadre d’abus sexuels en ligne
- Entre 2020 et 2022, des Américains ont dépensé plus de 7 millions de dollars pour de tels contenus
- Les enfants sont souvent poussés par des femmes de leur propre famille à produire des contenus sexuels
Des centaines de milliers d’enfants aux Philippines sont confrontés à une réalité épouvantable. Alors qu’ils sont encore mineurs, ils sont souvent incités par des femmes de leur propre famille à produire des contenus sexuels et à les publier en ligne, rapporte CNN. Derrière les écrans, des hommes vivant dans des pays occidentaux réclament des contenus toujours plus explicites.
L'enquête de CNN sur les abus sexuels commis en ligne sur des enfants aux Philippines est corroborée par les données d’organisations comme l’International Justice Mission (IJM). Selon un rapport de l’organisation publié en 2023, près de 500'000 enfants seraient concernés rien qu’aux Philippines.
Des traces mènent en Suisse
Le problème est mondial, mais les Philippines sont considérées comme l’épicentre de la production de contenus pédopornographiques. De 2015 à 2023, les Etats-Unis ont été les principaux acheteurs de ces contenus, selon les données du Conseil philippin de lutte contre le blanchiment d’argent (AMLC). Entre 2020 et 2022, des Américains ont dépensé plus de sept millions de dollars, soit environ 5,8 millions de francs, pour se procurer de tels contenus.
L’Europe compte également des consommateurs de contenus pédopornographiques produits aux Philippines. Selon CNN, les auteurs présumés, âgés de 20 à 70 ans, viennent notamment de Grande-Bretagne et de Suède, mais aussi de Suisse. Ainsi, «Isa», aujourd’hui âgée de 14 ans, a été victime pendant des années d’abus sexuels en ligne commis par plusieurs hommes. Dans le cadre de l’enquête, un ressortissant suisse a lui aussi été condamné.
Les auteurs agissent souvent de manière anonyme sur des plateformes de messagerie comme Telegram ou WhatsApp. CNN a notamment mis en évidence la facilité avec laquelle il est possible d’accéder à des groupes de discussion proposant des contenus pédopornographiques, parfois à bas prix.