L'ancien président péruvien Alejandro Toledo, qui purge une peine de 20 ans d'emprisonnement pour corruption, a demandé lundi au gouvernement de le gracier au titre d'une détérioration de son état de santé, a fait savoir son avocat à l'AFP.
Dans une déclaration écrite, l'octogénaire affirme que sa santé «s'est gravement détériorée en prison». «Les médecins m'ont averti qu'un infarctus ou un AVC pouvait survenir à tout moment», a averti l'ancien président d'origine indigène, qui a dirigé le pays andin de 2001 à 2006.
La demande d'Alejandro Toledo a été déposée lundi à l'établissement pénitentiaire de Lima où il est incarcéré, a précisé à l'AFP son avocat, Carlos Torres. «Il va mal, c'est pourquoi il est urgent» qu'il obtienne une grâce, a-t-il insisté.
Opposant à Fujimori
La démarche de l'ancien dirigeant de centre droit intervient deux semaines avant l'entrée en fonction de la conservatrice Keiko Fujimori à la présidence du Pérou. Alejandro Toledo avait été l'un des principaux opposants de son père, l'ex-chef de l'Etat Alberto Fujimori (1990-2000).
Alejandro Toledo a été condamné à 20 de prison en 2024 pour avoir perçu des pots-de-vin d'un montant de 35 millions de dollars de la part de l'entreprise de construction brésilienne Odebrecht, en échange d'un traitement de faveur dans l'obtention de marchés publics lorsqu'il était à la tête du Pérou.
L'an dernier, il a été condamné à 13 ans d'emprisonnement pour blanchiment d'argent dans le cadre de la même affaire – peine qui ne s'ajoutera toutefois pas à la précédente, en vertu du droit péruvien privilégiant la plus sévère.