Les Djiboutiens votent très timidement vendredi matin pour une présidentielle censée, sauf énorme surprise, offrir un sixième mandat à Ismaïl Omar Guelleh. Ce dernier dirige depuis bientôt 30 ans ce petit territoire stratégiquement situé et affronte un unique adversaire peu connu.
Deux heures après l'ouverture officielle du scrutin à 6h (5h en Suisse), l'affluence reste extrêmement faible dans la capitale, Djibouti-Ville. Les bureaux fermeront à 18h (17h en Suisse) et les premiers résultats sont attendus dans la soirée.
Deux candidats
Les électeurs ont le choix entre un bulletin vert au nom du chef de l'Etat et un bulletin bleu au nom de son adversaire, Mohamed Farah Samatar, président du Centre démocrate unifié (CDU) – parti sans élu au Parlement – et personnalité peu connue de ses concitoyens.
Un peu plus de 256'000 citoyens sont appelés aux urnes, mais en début de matinée dans la capitale, de rares électeurs se présentaient dans les bureaux de vote. A la mairie, où le président doit voter dans la matinée, seule une dizaine de votants se sont présentés en deux heures.
«C'est un devoir et je vote à chaque élection», déclare Salouan Sami Mohamed, 52 ans propriétaire d'un commerce, l'un des rares venus tôt, expliquant toujours voter aux premières heures. «Les gens viennent plus tard, vers midi», ajoute-t-il.
Adversaire invisible
A la tête depuis 1999 de l'un des pays les moins peuplés du continent (un peu plus d'un million d'habitants), le chef de l'Etat, que tout le monde appelle par ses initiales IOG, a su faire fructifier cette position géographique, dans une Corne de l'Afrique par ailleurs troublée et théâtre de luttes d'influences étrangères. Lors de la précédente présidentielle en 2021, largement boycottée par l'opposition, le chef de l'Etat a été réélu avec plus de 97% des voix.
Dans les rues de la capitale Djibouti-Ville, les affiches électorales vantent toutes les mérites d'IOG. Le visage de son adversaire est invisible. «Je vais voter pour Ismaïl Omar Guelleh (...) je ne connais même pas le visage» de son adversaire, indiquait la veille du scrutin Deka Aden Mohamed, chômeuse de 38 ans.
Mobilisation déséquilibrée
Alors qu'IOG a multiplié les déplacements dans le pays, réunissant des milliers de personnes, Mohamed Farah Samatar a peiné à mobiliser. La télévision nationale a diffusé des images d'un de ses meetings réunissant péniblement quelques dizaines de personnes.
Ismaïl Omar Guelleh avait annoncé qu'il passerait la main en 2026, mais une révision constitutionnelle en novembre a levé la limite d'âge des candidats à la présidentielle, lui permettant de se représenter.