Catastrophe écologique inédite
La réouverture d'Ormuz pourrait provoquer une invasion mondiale d'aliens marins

Des milliers d'espèces invasives prolifèrent sous les navires immobilisés au détroit d'Ormuz depuis février 2026. Leur dispersion pourrait provoquer une crise écologique planétaire, préviennent les experts.
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Audriana Wheeler (US Navy) retire des organismes marins sous un canot pneumatique semi-rigide (image d'illustration).
Photo: U.S. Navy photo by Mass Communication Specialist Seaman Apprentice Christopher Frost.
Léa Perrin - Journaliste Blick
Léa PerrinJournaliste Blick

Le monde a les yeux rivés sur le détroit d’Ormuz et les milliers de bateaux à l’arrêt dans ses eaux depuis plus de cinq mois. Mais sous la surface, un danger quasiment invisible menace les océans du monde entier. Le jour où le détroit rouvrira, une véritable catastrophe écologique pourrait se propager à grande échelle, alertent des biologistes interrogés par «Le Temps».

Si les négociations entre l'Iran, les Etats-Unis et Oman concernant le golfe Arabo-Persique stagnent, il en va de même pour les quelque 1500 navires agglutinés dans ce passage aux eaux chaudes. L'occasion rêvée pour des milliers d'organismes et d'espèces marines invasives de coloniser les coques. Au fil des semaines, un encrassement biologique, appelé «biofouling» en anglais, s’est développé sous les navires à l’arrêt.

Invasion de larves, virus et bactéries

Mais au-delà de la macrofaune invasive composée de coquillages, d’anémones et d’éponges, une armada de microbes se prépare à conquérir le monde. Larves, vers, plancton, bactéries, virus et végétaux s’agrippent aux coques, sous la surface de ces eaux chaudes et salées.

Le problème? Lorsque les navires chargés de pétrole et de biens de consommation pourront reprendre leur route sur les voies maritimes internationales, ils emporteront avec eux cet écosystème néfaste, prêt à se disséminer partout où il le pourra. Certaines espèces pourraient reproduire le scénario de la moule quagga, qui a colonisé de nombreux milieux aquatiques, jusqu’en Suisse, avant de contribuer au déclin de dizaines d’espèces de moules endémiques et d’endommager des installations hydroélectriques.

Catastrophe écologique

Pour les biologistes, cela provoquerait une véritable «catastrophe écologique». Une fois les navires repartis vers les destinations fixées par le commerce international, ces organismes immergés pourraient provoquer d’importants dégâts. Selon les scientifiques, une telle accumulation devient problématique après dix jours d’immobilité. Avec près de 2000 navires coincés entre Oman et le détroit d’Ormuz depuis bientôt cinq mois, le blocage au Moyen-Orient est sans précédent.

Alors que de nombreux pays du monde retiennent leur souffle dans l’attente de la réouverture de cette voie maritime clé, personne ne semble avoir pris la mesure de cette catastrophe écologique cachée. Et l'Europe n’est pas à l’abri. Extrêmement résistants à des conditions difficiles, ces petits aliens marins sont d’excellents envahisseurs. Sans nettoyage des coques, ils pourraient se disséminer dans les océans du monde entier.

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