Au moins 38 personnes ont été tuées en début de semaine lors d'attaques contre des coupeurs de bois et d'un village dans le nord-est du Nigeria, dernier épisode de violences perpétrées par des groupes jihadistes, ont indiqué vendredi à l'AFP des miliciens anti-jihadistes et des habitants.
Les autorités du pays le plus peuplé d'Afrique n'ont pas fait de déclaration. Les groupes armés ont intensifié leurs attaques contre des cibles militaires et civiles ces derniers mois. Depuis 2009, les attaques jihadistes dans le nord-est du Nigeria, perpétrées principalement par Boko Haram et le groupe jihadiste rival Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap), ont fait plus de 40'000 morts et environ deux millions de déplacés, selon l'ONU.
Mardi soir, des combattants de l'Iswap ont encerclé un groupe de personnes coupant du bois dans une forêt à l'extérieur de la ville de Mafa, tuant 27 d'entre eux et en enlevant 18 autres, ont indiqué deux miliciens anti-jihadistes. «Ils en ont égorgé 27 et emmené 18 autres dont on ignore toujours le sort», a déclaré Babakura Kolo, membre d'une milice qui aide l'armée. Son récit a été confirmé par Ibrahim Liman, un autre milicien, qui a précisé que les coupeurs de bois venaient de Mafa, située à 60 kilomètres de Maiduguri, la capitale de l'État de Borno.
Un triple attentat-suicide avait fait 23 morts en mars à Maiduguri. Il s'agit de l'une des attaques les plus meurtrières dans la capitale de l'Etat depuis plusieurs années. Amnesty International a indiqué dans un message publié sur X que «20 personnes déplacées» avaient été tuées et 30 enlevées alors qu'elles ramassaient du bois de chauffage dans la forêt près de Mafa.
Meurtres et pillages
L'ISWAP et son rival Boko Haram ciblent de plus en plus les agriculteurs, pêcheurs, coupeurs de bois, éleveurs et collecteurs de ferraille de la région, les accusant d'espionnage et de transmettre des informations à l'armée. Lundi, des jihadistes de l'ISWAP ont attaqué le village de Kautikeri, près de la ville de Chibok, tuant 11 personnes et incendiant des habitations, a déclaré un responsable communautaire.
«Les terroristes ont attaqué le village et tué 11 personnes. Ils ont brûlé plusieurs maisons et greniers avant de se replier sur leur repaire dans la forêt voisine de Sambisa», a indiqué Manasseh Allen, président de la Chibok Area Development Association (CADA), une union socioculturelle du district de Chibok.
C'est à Chibok que le groupe islamiste Boko Haram avait enlevé en 2014 276 lycéennes, provoquant l'indignation au sein de la communauté internationale et le lancement d'une campagne mondiale de mobilisation sous le nom de BringBackOurGirls. Certaines lycéennes se sont ensuite échappées, d'autres ont été libérées des années plus tard, tandis qu'une centaine sont toujours portées disparues.