Netflix va supprimer environ 1000 postes soit 6% de ses effectifs, rapportent mercredi des médias américains, alors que la plateforme de streaming connaît une décélération de sa croissance. Sollicité par l'AFP, le groupe n'a pas donné suite dans l'immédiat.
«Notre mission - divertir le monde - est ambitieuse et la satisfaire nécessite de la discipline quant à nos priorités en matière de personnel et de ressources», ont écrit les deux codirecteurs généraux Ted Sarandos et Greg Peters dans un message interne, selon plusieurs médias américains.
Désormais solidement installé au sommet du marché du streaming vidéo, Netflix ne parvient plus à faire croître son activité au même rythme que précédemment.
Au deuxième trimestre, son chiffre d'affaires a progressé de 13,4%, contre 16,2% lors des trois mois précédents et 15,9% pour la même période de 2025. L'entreprise de Los Gatos (Californie) prévoit même une croissance de 11,7% au troisième trimestre.
Moins de temps passé sur la plateforme
Lors de la conférence de présentation des résultats du deuxième trimestre, le directeur financier Spencer Neumann avait relativisé ces chiffres, soulignant que la trajectoire de l'entreprise n'était pas linéaire.
«Nous ne gérons pas la société au trimestre près», avait-il fait valoir. «Notre but est de maintenir une croissance significative de nos revenus et de nos bénéfices.»
Plusieurs médias ont fait état d'un tassement du temps passé sur la plateforme après des années de croissance ininterrompue. Début juillet, l'agence Bloomberg a rapporté qu'en moyenne, les chiffres de visionnage d'une série chutaient après la première saison.
Si Ted Sarandos a reconnu en juillet que les secondes saisons connaissaient bien une baisse par rapport aux premières, il a rappelé que le phénomène était «très commun dans l'industrie».
«Même le streaming n'est pas à l'abri»
Le dirigeant a affirmé que la décrue entre les deux premières saisons était en moyenne moins marquée qu'en 2025.
«Les licenciements chez Netflix montrent que même les plateformes de streaming ne sont pas à l'abri de la stagnation et des difficultés financières», a commenté l'analyste du cabinet Emarketer Ross Benes.
«Soumis à une pression accrue», a-t-il poursuivi, «Netflix va tenter d'inverser la tendance grâce à un coup de pouce provenant des contenus bon marché.» Signe des inquiétudes des investisseurs, le titre du groupe a perdu 25% depuis le début d'année à Wall Street.