Le prix des capotes explose
Le groupe Durex frappé par la flambée du pétrole et la guerre en Iran

Le fabricant de Durex, Reckitt Benckiser, s'attend à des coûts supplémentaires de 150 millions de livres en 2026, causés par l'envolée des prix du pétrole à cause du conflit au Moyen-Orient.
La guerre au Moyen-Orient pèse sur Reckitt Benckiser, maison de Durex.
Photo: imago images/Manfred Segerer
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AFP Agence France-Presse

Le groupe de produits d'hygiène et santé britannique Reckitt Benckiser, qui compte Durex, Harpic ou Nurofen parmi ses marques, a prévenu mercredi que l'envolée des hydrocarbures avec la guerre au Moyen-Orient pourrait lui coûter jusqu'à 150 millions de livres (173 millions d'euros). «Un scénario avec un prix du pétrole à 110 dollars le baril pour le reste de l'année 2026 signifierait un impact brut d'environ 130 à 150 millions de livres» sur ses coûts de production annuels, prévient le groupe dans un communiqué.

Ces prévisions ont été publiées quelques heures après des déclarations à Bloomberg du patron de Karex, géant malaisien des préservatifs (qui fournit notamment Durex), annonçant des augmentations de prix de près de 30% en raison de chaînes d'approvisionnement déstabilisées et de coûts en hausse avec le conflit.

Chiffre d'affaires pénalisé

«C'est clairement l'un des plus gros ajustements de prix que nous ayons faits depuis très longtemps», a reconnu le directeur général de Karex, Goh Miah Kiat. Reckitt Benckiser considère que l'impact de la guerre est «gérable». Mais «si les prix des matières premières restent à des niveaux très élevés tout au long de l'année» cela finira par se répercuter sur les budgets des ménages et donc sur la demande, ajoute-t-il.

Reckitt a publié mercredi un chiffre d'affaires en baisse de près de 12% au premier trimestre – lié notamment aux effets comptables de la cession l'an dernier de sa division de produits d'entretien (Air Wick, Calgon, Cillit Bang). Durex a notamment pâti de «la mise en place de la TVA sur les préservatifs en Chine au début du trimestre», ce qui a pesé sur la demande, précise le groupe.

Le chiffre d'affaires a aussi été pénalisé par un nombre de cas de rhumes et de grippes plus faible que la normale pendant la saison hivernale, ce qui s'est traduit par des ventes moins bonnes de ses médicaments sans ordonnances. «Le choc des prix de l'énergie provoqué par les événements au Moyen-Orient devrait peser sur la demande des consommateurs et augmenter les coûts, compromettant les progrès réalisés dans le resserrement du contrôle des finances» du groupe ces dernières années, selon Russ Mould, analyste chez AJ Bell. Le titre de Reckitt à la Bourse de Londres baisse d'environ 5% mercredi. 

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