La scène sort tout droit d'un film de Charlie Chaplin. A Minneapolis, les manifestants ont trouvé une nouvelle arme contre la police de l'immigration américaine (ICE): la glace.
En ce mois de janvier, le thermomètre avoisine les -10 degrés dans la grande ville du Minnesota. Et certains habitants ont compris que le froid de l'hiver pouvait se révéler un allié précieux. Une vidéo publiée sur X montre une voiture avancer, coffre ouvert, des jerricanes remplis d'eau se déversant sur la chaussée. Rapidement, une plaque de glace particulièrement glissante se forme sur son sillage. L'objectif? Faire perdre l'équilibre aux agents de l'ICE pour ralentir leurs arrestations.
Et cette technique semble efficace. Plusieurs autres vidéos montrant des agents de la police fédérale américaine se cassant la figure sur le sol verglacé font actuellement le tour d'internet. Des chutes systématiquement accompagnées des cris de joie et des rires des manifestants. «Foutez le camp!», «Rentrez chez vous!», hurlent-ils.
La mise au pas d'un bastion démocrate
Cette résistance, malgré ses allures burlesques, s'inscrit dans un mouvement populaire bien réel à Minneapolis. L'assassinat de Renee Nicole Good, citoyenne américaine et mère de trois enfants, par l'ICE le 7 janvier dernier a déclenché des manifestations de masse dans toute la ville, les citoyens exigeant le départ sans délai des agents.
Face à cette colère populaire, l'administration Trump a – une fois encore – choisi la force pour réponse. Le gouvernement fédéral a porté le nombre de policiers de l'immigration présents dans cette ville du Minnesota – à majorité démocrate – à près de 3000 au lendemain de la mort de Renee Good, un effectif bien supérieur à celui de la police locale.
L'ICE a ainsi pu poursuivre et même intensifié ses arrestations en toute quiétude. Selon les déclarations officielles du Département de la Sécurité intérieure des Etats-Unis, plus de 3000 personnes ont été arrêtées au Minnesota depuis le mois de décembre 2025.
Des coups de sifflet contre des coups de filet
Mais de nombreux habitants de Minneapolis refusent de rester les bras croisés. Et la glace n'est pas leur seul atout. D'après le «Parisien», des patrouilles citoyennes sillonnent régulièrement les rues pour repérer les agents sur le point de procéder à des arrestations.
Rassemblés sur différents groupes de messageries, ces bénévoles préviennent les habitants des différents quartiers en cas de soupçons pour qu'ils puissent se regrouper dans la rue. C'est là qu'un autre outil de résistance intervient: un simple sifflet. Trois coups secs signifient que l'ICE est proche. Un coup long signifie que l'ICE est en train d'arrêter quelqu'un.
Une forte résistance
Même devant les écoles de la ville, la résistance est visible. Selon NBC News, des groupes de parents font régulièrement le guet autour des établissements scolaires pour vérifier que la police de l'immigration ne s'approche pas de trop près. Le but étant de protéger les parents et le personnel scolaire qui ne sont pas citoyens américains et qui craignent d'être embarqués lorsqu'ils entrent et sortent du bâtiment.
Pour l'heure, l'ICE n'a pas cessé ses opérations musclées dans le Minnesota, malgré les critiques et les tensions croissantes. Mais depuis le 7 janvier, plus de 1000 événements de protestation organisés ont eu lieu à travers les Etats‑Unis sous le slogan «ICE Out For Good», dénonçant les méthodes agressives à l'oeuvre et réclamant justice.