Après la France
«Des scènes dignes d'une guerre»: les manifestations dégénèrent aussi en Italie

Des barricades en flammes, des magasins pillés et de nombreux blessés. A Milan, une manifestation a dégénéré samedi en violents affrontements.
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Samedi, des milliers de personnes sont descendues dans les rues de Milan pour manifester.
Photo: Anadolu via Getty Images

En bref

  • Samedi, des milliers de personnes ont manifesté à Milan.
  • Dans l'après-midi, la situation a dégénéré.
  • Des émeutiers ont incendié des poubelles, attaqué la police et pillé des magasins.
  • La police a fait usage de canons à eau, de gaz lacrymogènes et de matraques. Des manifestants ont été blessés.
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Angela Rosser

Les manifestants entendaient dénoncer la hausse des prix, les bas salaires et les difficultés dans les secteurs de l’éducation et de la santé à Milan. Des revendications comparables à celles exprimées en France depuis plusieurs semaines.

Samedi après-midi, plus de 5000 personnes s’étaient rassemblées dans la métropole italienne pour un cortège d’abord pacifique. Mais la situation a dégénéré. De violents affrontements ont opposé des jeunes aux forces de l’ordre.

Des magasins pillés

Les émeutiers ont lancé des pierres, des bouteilles et des engins pyrotechniques sur la police. Dans le centre-ville, ils ont dressé des barricades, allumé des incendies et endommagé des véhicules des forces de l'ordre.

Plusieurs magasins, notamment ceux de Nike, Foot Locker et Decathlon, ont été pris d’assaut et pillés. La police a fait usage de canons à eau, de gaz lacrymogènes et de matraques.

Des manifestants ont également été blessés. Selon un premier bilan des secours cité par l’agence ANSA, cinq jeunes de 18 à 30 ans ont été transportés à l’hôpital pour des blessures jugées légères. Deux autres ont été soignés sur place.

«Des scènes dignes d'une guerre»

Un lecteur de Blick présent sur place témoigne de la violence des événements. «Ce qui avait été annoncé comme une manifestation d’élèves s’est transformé hier, sous mes yeux, en scènes dignes d’une guerre.»

Il a notamment assisté aux émeutes près du Duomo, la cathédrale de Milan, et dans les rues commerçantes. «Cela n’a plus rien à voir avec une manifestation d’élèves. Jeter des pierres sur des policiers, piller des magasins ou incendier les biens d’autrui, c’est abuser du droit de manifester et mettre les autres en danger», estime-t-il.

Selon son témoignage, des boutiques Louis Vuitton, Dior et Nike ont été pillées, tandis que des poubelles et des voitures ont été incendiées. «Des touristes et des passants se sont retrouvés pris au milieu de cette situation chaotique et ont dû se mettre à l’abri», raconte-t-il.

De nombreux jeunes des banlieues milanaises

Des manifestations ont eu lieu ces dernières semaines dans plusieurs villes italiennes, sans attirer autant l’attention. A Milan, en revanche, la mobilisation a viré au chaos samedi, rapporte le «Corriere». Selon les médias italiens, les groupes impliqués dans les violences comptaient de nombreux jeunes venus des banlieues milanaises et des provinces voisines.

La Première ministre Giorgia Meloni a condamné les événements. «Manifester est un droit, mais mettre le feu à nos villes ne l’est pas. Je renouvelle mon appel à l’opposition: ne soyez pas ambigus sur cette question. Toute hésitation sera interprétée comme une justification.»

Des parallèles avec les émeutes en France

Ces événements rappellent les récentes émeutes en France, où de violents affrontements ont également opposé des manifestants aux forces de l’ordre.

Dans les deux pays, ces violences soulèvent des questions sur l’exclusion sociale, le manque de perspectives et les relations entre les jeunes et les institutions de l’Etat. Le rôle éventuel de ces facteurs dans les événements de Milan reste toutefois à établir.

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