Alors qu'Israël appelle les citoyens iraniens à la révolte, des officiels israéliens auraient affirmé que «la population sera massacrée» en cas de large manifestation dans la rue contre leur gouvernement. Cette information provient d'un télégramme échangé vendredi avec des diplomates américains via l'ambassade américaine à Jerusalem, cité par le «Washington Post» ce mardi 17 mars.
Selon ce télégramme diplomatique, dont l'authenticité a été «vérifiée par deux fonctionnaires du département d'Etat» américain, les autorités israéliennes espéreraient une révolte populaire. Elles auraient exhorté les Etats-Unis, leur allié dans les frappes en cours en Iran, «à se préparer à soutenir les manifestants si cela se produisait».
Jeudi dernier, dans un discours, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, a clairement encouragé les manifestants à prendre la rue comme en janvier dernier: «Je dis au peuple iranien: le moment de la liberté est proche. Nous sommes à vos côtés et nous vous aidons.»
La «trahison» du double discours
Pour autant, ce télégramme montre qu'en privé, Israël estimerait que le corps armé des Gardiens de la révolution «a le dessus» et que le régime iranien pourrait faire des milliers de morts dans un tel cas. Narges Bajoghli, spécialiste académique de l'Iran, explique au «Washington Post» que cette dualité dans les messages israéliens pourrait être perçue comme «une trahison» par certains opposants au régime des Mollah.
Entre décembre et février dernier, et en particulier lors de la dernière mobilisation d'ampleur des nuits du 8 et du 9 janvier, le régime iranien a admis avoir fait 3000 morts. Mais l'ONG HRANA (Human Rights Activists News Agency) – basée aux USA et dont les bilans se sont avérés crédibles – a affirmé pouvoir confirmer au moins 7000 autres décès et être en cours de vérification de plus de 11'000 additionnels.
Le 13 mars, en deux semaines, cette même ONG a décompté au moins 4765 morts en Iran – parmi lesquelles 1298 civils, dont au moins 205 enfants. Toutes ces victimes sont dues aux bombardements israélo-américains ayant débuté le 28 février. En Iran et dans le monde, la population iranienne est divisée entre soutien au régime des Mollah, soutien à Israël et aux USA ou refus de l'un comme de l'autre.
Semaine de festivités en Iran
Cette semaine est censée être dédiée aux festivités pour une partie des Iraniens. Célébrer la Fête du feu (Tchaharchanbé-Souri), qui a eu lieu ce mardi soir, est devenu une un signe d'opposition au régime. Cette fête prépare au Nouvel-An perse (Norouz), que certains célèbreront ce vendredi 20 mars sous les bombes israélo-américaines.
En exil, le fils de l'ancien Shah d'Iran Reza Pahlavi – qui se dit prêt à gouverner – a appelé sur X ses compatriotes à descendre dans la rue pour célébrer la Fête du feu, demandant au monde de «ne pas permettre au régime d'utiliser la violence contre un peuple déterminé à célébrer la vie, la lumière et l'espoir malgré les ténèbres». Benjamin Netanyahu a également souhaité de bonnes fêtes «au courageux peuple iranien».