En bref
- Près de Tolède, un train Renfe est entré en collision avec un train Iryo à l’arrêt, faisant au moins 68 morts
- Des enregistrements radio montrent que le train Renfe a continué à rouler à 200 km/h malgré l’arrêt du train Iryo
- L’aiguilleur a demandé à la conductrice de l’Iryo de redémarrer le système, mais n’aurait pas informé la Renfe
Au lendemain du terrible accident ferroviaire survenu au sud de Madrid, l’Espagne reste sous le choc. Mercredi matin, vers 8h54, un train à grande vitesse de la Renfe est entré en collision avec un train Iryo à l’arrêt près de la gare d’Urda, dans la province de Tolède.
Au moins 68 personnes ont perdu la vie et des dizaines d’autres ont été blessées. Sur place, les secours poursuivent leurs recherches pour retrouver d’éventuelles victimes et survivants. Des enregistrements des échanges radio entre les conducteurs et le centre de contrôle, obtenus par le quotidien espagnol «El País», permettent désormais de mieux comprendre ce qui s’est passé dans les minutes précédant la collision.
Autoriser à rouler à 200 km/h
Les enregistrements retracent les échanges entre les conducteurs des deux trains et un agent du centre de contrôle ferroviaire d’Atocha, à Madrid. Le premier contact avec le conducteur du train Renfe a eu lieu environ 20 minutes avant l’accident. L’agent lui aurait alors donné l’autorisation de reprendre sa route à «vitesse normale», soit jusqu’à 200 km/h, alors que le protocole de sécurité imposait une vitesse limitée à 40 km/h dans une telle situation.
Selon «El País», cette instruction aurait été donnée sans que l’agent ne vérifie au préalable si la voie était dégagée. Or, un autre train s’y trouvait encore.
Le train Iryo immobilisé
Cinq minutes plus tard, la conductrice du train Iryo a contacté à son tour le centre de contrôle pour signaler un problème technique. «Bonjour, Atocha. J’ai eu une perte de transmission. Le prochain véhicule doit circuler sur la voie à plus de 200. Je n’ai pas réussi à rétablir la communication. Je suis actuellement à l’arrêt», a-t-elle expliqué.
L’agent lui a alors demandé de désactiver puis de réactiver le système concerné, avant de l’autoriser, elle aussi, à reprendre sa route à «vitesse normale».
La collision cinq minutes après le dernier échange radio
Quelques minutes plus tard, la conductrice du train Iryo a de nouveau contacté le centre de contrôle. Elle a expliqué qu’elle ne parvenait toujours pas à redémarrer le système et que son train restait donc immobilisé. «D’accord. Tout est clair? Alors dès que c’est possible. Et si vous avez des problèmes, rappelez-nous», lui a répondu l’agent.
Pendant ce temps, le train Renfe poursuivait sa route à grande vitesse en direction du convoi immobilisé. Selon «El País», son conducteur n’aurait pas été averti des problèmes techniques rencontrés par le train Iryo, ni du fait que celui-ci se trouvait toujours à l’arrêt sur la voie. Cinq minutes après ce dernier échange radio, les deux trains entraient en collision, provoquant l’une des pires catastrophes ferroviaires de l’histoire récente de l’Espagne.