Un Russe qui dénonçait sur les réseaux sociaux des faits de violences dans l'armée russe et exigeait une audience au président Vladimir Poutine, a été condamné à une peine administrative pour «symboles extrémistes», selon le tribunal de la région de Voronej (sud-ouest) lundi.
Alexandre Lounine, 39 ans, a été présenté à un juge samedi et condamné à une peine administrative pour avoir montré des «symboles extrémistes», selon les informations publiées lundi sur le site du tribunal. La décision et le détail des faits reprochés, pour lesquels il encourt 15 jours d'emprisonnement, n'ont pas été rendus publics.
Les médias russes se sont fait l'écho des appels enflammés de cet ancien combattant publiés la semaine dernière sur les réseaux sociaux, dans lesquels il disait avoir connaissance de faits de violences et d'extorsion dans les rangs de l'armée et exigeait d'en informer directement le président Vladimir Poutine.
M. Lounine a servi au moins un temps sur le front en Ukraine, où la Russie mène une offensive à grande échelle depuis février 2022, selon plusieurs médias russes et une vidéo publiée en 2024 sur les réseaux sociaux russes dans laquelle il parle de son service au front.
«L'armée va retourner ses armes contre le Kremlin»
Dans une vidéo publiée jeudi qui a été vue des millions de fois notamment sur Instagram, réseau pourtant interdit en Russie, il annonce des «conséquences sérieuses» s'il n'obtenait pas une «audience» auprès du président Poutine.
«Si je ne viens pas au Kremlin bientôt et y parle en direct, à vos côtés, l'armée va retourner ses armes contre le Kremlin», affirme-t-il en s'adressant au président russe.
Sa femme, Tatiana, a dit samedi dans une vidéo sur TikTok, supprimée depuis, que leur domicile avait été perquisitionné alors que M. Lounine était déjà parti pour Moscou.
Selon des informations publiées sur une chaîne Telegram, présentée comme celle de M. Lounine, il a été placé en détention pour 11 jours.
Interrogé sur cette vidéo vendredi, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, avait affirmé que M. Poutine n'avait pas vu la vidéo et s'était refusé à commenter, notant cependant que M. Lounine semblait tenir des propos «aux formulations assez étranges».
Certains internautes ont dressé un parallèle avec les vidéos partagées massivement en avril d'une influenceuse russe installée à Monaco. Elle s'était également adressé directement à Vladimir Poutine, affirmant dans une démonstration de mécontentement abondamment commentée en Russie, que le président n'était pas mis au courant des difficultés rencontrées par ses concitoyens.