Huits morts et cent blessés
Condamnation confirmée pour l'auteur d'un attentat d'extrême droite

Marco Toffaloni, 68 ans, a vu sa condamnation à 30 ans confirmée en appel pour un attentat à Brescia en 1974. La Suisse refuse son extradition pour des faits jugés prescrits.
L'attentat commis en 1974 avait fait 8 morts et une centaine de blessés sur la Piazza della Loggia à Brescia.
Photo: imago images/ZUMA Wire
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ATS Agence télégraphique suisse

Une cour d'appel italienne a confirmé la condamnation à 30 ans de prison de l'auteur présumé d'un attentat d'extrême droite commis en 1974 sur la Piazza della Loggia à Brescia. L'accusé, aujourd'hui âgé de 68 ans, vit en Suisse et dispose de la nationalité helvétique.

Marco Toffaloni, qui avait 16 ans au moment des faits, avait été condamné en avril dernier par le tribunal des mineurs de cette ville de Lombardie. Il avait été reconnu comme étant l'exécuteur matériel de cet attentat, qui avait fait huit morts et une centaine de blessés le 28 mai 1974, durant les «années de plomb».

Selon la cour, c'est lui qui a placé la bombe durant un meeting syndical organisé dans cette ville de Lombardie contre le terrorisme néofasciste. L'attentat est attribué à l'organisation d'extrême droite Ordre nouveau.

Recours de l'accusé rejeté

La cour d'appel a jugé inadmissible le recours de l'accusé, rapporte samedi l'agence italienne Ansa. Ce dernier, qui vit depuis des années en Suisse sous une nouvelle identité, affirmait n'avoir jamais officialisé le mandat de son avocat commis d'office ni avoir eu de contact avec lui, ce qui rend impossible l'examen de l'appel.

Le procureur général Guido Rispoli a de son côté critiqué un choix délibéré de l'accusé, qui a «décidé de ne pas participer» à la procédure. Il ne s'agissait pas d'une méconnaissance de la procédure, a-t-il plaidé. Un point de vue partagé par le juge.

Pas d'extradition en vue

En première instance, Marco Toffaloni avait été condamné sur la base d'éléments convergents, notamment les déclarations d'un ancien militant d'Ordre nouveau auquel il se serait confié et une analyse des photographies de l'époque qui a confirmé sa présence sur les lieux de l'attentat.

Le sexagénaire, établi dans les Grisons selon un article de la radio-télévision suisse italienne RSI publié en avril dernier, a encore la possibilité de se pourvoir en cassation. Mais quoi qu'il en soit, la justice suisse a déjà exclu la possibilité de l'extrader vers l'Italie, considérant que les faits sont prescrits.

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