Impact du Groenland
L'Islande pourrait reprendre les négociations avec l'UE pour une adhésion

L'Islande organise un référendum en août sur la relance des discussions d'adhésion à l'UE, interrompues depuis 2015. La ministre des Affaires étrangères a insisté sur le contrôle des ressources nationales.
L'Islande peut organiser un rérérendum.
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AFP Agence France-Presse

Le gouvernement islandais a annoncé vendredi qu'il proposait d'organiser le 29 août un référendum sur la reprise des négociations d'adhésion à l'Union européenne, officiellement interrompues depuis 2015. L'Islande a déposé sa candidature d'adhésion à l'UE en 2009, un an après avoir été durement touchée par une crise financière. Des négociations se sont tenues entre 2010 et 2013 avant d'être suspendues puis officiellement interrompues en 2015.

Une résolution sera présentée en début de semaine prochaine au parlement sur la tenue de ce référendum le 29 août, a déclaré la ministre des Affaires étrangères, Thorgerdur Katrin Gunnarsdottir lors d'une conférence de presse. L'issue du vote du parlement est incertaine.

«Nous allons poser au peuple la question suivante: faut-il poursuivre les négociations sur l'adhésion de l'Islande à l'Union européenne? Et le peuple pourra répondre en choisissant entre deux options: oui, il faut poursuivre, ou non, il ne faut pas poursuivre», a ajouté la ministre.

Les trois partis de la coalition de centre-gauche, qui ont accédé au pouvoir fin 2024, avaient convenu d'organiser un référendum avant la fin 2027. «Nous estimons que, précisément en ce moment, l'Islande est suffisamment forte, sur le plan économique mais aussi en tant que nation sûre d'elle-même, pour pouvoir prendre cette décision», a déclaré de son côté la Première ministre Kristrun Frostadottir.

Opinion publique

Si les négociations reprennent et aboutissent à un accord, les Islandais seront alors appelés à se prononcer dessus, a précisé la cheffe du gouvernement. 

Selon un sondage publié début février par la télévision publique islandaise RÚV, l'opinion publique est aujourd'hui partagée entre les opposants et les partisans d'une adhésion. «Une décision importante attend le peuple islandais», a réagi la Commission européenne.

«Dans un monde où les sphères d'influence se font concurrence, l'adhésion à l'UE offre un point d'ancrage dans un bloc fondé sur des valeurs, la prospérité et la sécurité», a vanté la commissaire européenne chargée de l'élargissement, Marta Kos, dans une déclaration transmise à l'AFP.

Lorsque les négociations d'adhésion de l'Islande ont été suspendues, 27 des 33 chapitres avaient été ouverts et 11 avaient été conclus, selon le gouvernement. Le chapitre sur la pêche, qui devait être le plus épineux, n'avait pas été ouvert.

Chapitres difficiles

La ministre des Affaires étrangères a dit que si les négociations devaient reprendre, elle souhaitait aborder directement les chapitres difficiles. «Je ne signerai jamais, au grand jamais, un accord qui impliquerait de céder le contrôle de l'Islande sur ses ressources, telles que nos ressources halieutiques. Je tiens à ce que cela soit parfaitement clair», a-t-elle déclaré.

Les objectifs de l'Islande en matière d'adhésion à l'UE sont «d'assurer le contrôle islandais sur nos ressources... de garantir la justice économique et sociale, d'examiner comment nous pouvons renforcer nos défenses, non seulement en termes de stabilité, mais aussi en termes de sécurité économique et autres, dans le cadre d'une adhésion potentielle à l'Union européenne», a-t-elle dit.

Impact du Groenland

«Le monde a changé» depuis la dernière fois que l'Islande a engagé des négociations en vue de son adhésion à l'UE et l'Islande «va entamer les négociations dans une position différente», a souligné pour sa part la Première ministre. «L'accent mis sur l'Atlantique Nord et l'Arctique, sur la coopération entre ces pays, a modifié» la situation, a-t-elle déclaré.

Le souhait de Donald Trump de s'emparer du Groenland a suscité l'inquiétude de l'Islande, dont la défense est actuellement assurée par les États-Unis et l'OTAN, car elle ne dispose pas de ses propres forces armées. «Tous ceux d'entre nous qui sont engagés dans la coopération internationale peuvent sentir que la perception de la singularité de l'Islande, de sa position forte et de ses intérêts (..) a radicalement changé», a déclaré la Première ministre.

La ministre des Affaires étrangères a quant à elle exprimé sa «profonde inquiétude» quant à la possibilité que la Russie tente d'influencer le référendum. «Nous constatons une ingérence très importante de la Russie dans les États qui, entre autres, se tournent vers l'Union européenne. Cela est évident depuis des mois», a-t-elle déclaré.

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