En proie à des manifestations sanglantes, les rues iraniennes ont brûlé dans l'ombre, des jours durant. A l'abri des regards du monde – qui a pourtant les yeux rivés sur le pays en feu –, le régime iranien a poursuivi une répression brutale sur les manifestants, faisant plus de 2000 morts parmi la population.
Depuis le 28 décembre, les Iraniens sont descendus dans la rue pour exprimer leur colère face à l’effondrement du rial. Rapidement, la contestation a évolué. Les slogans se sont élargis pour dénoncer la corruption du pouvoir et la répression exercée par la République islamique, qui gouverne le pays d’une main de fer depuis la révolution de 1979.
Les premières images au compte-goutte
Le régime n’a pas tardé à tenter d’étouffer le mouvement et faire taire les protestataires. Après avoir tiré à balles réelles sur les manifestants, il a franchi un nouveau cap en coupant presque tout moyen de communication avec l’extérieur, imposant un black out à l’échelle nationale. Privé d’Internet, le pays s’est refermé sur lui-même pendant plus de trois jours. Alors que le rideau s'est fermé sur ce violent spectacle, la brutalité des interventions s’est intensifiée, loin des caméras.
Si cette coupure quasi totale des communications a freiné la diffusion d'images, des photographes anonymes et des témoins ont néanmoins réussi à faire parvenir leurs premiers clichés de la colère citoyenne, à Téhéran comme ailleurs dans le pays. Transmises au compte-gouttes, ces images témoignent de l'un des soulèvements les plus importants qu’ait connus l’Iran depuis des décennies.