Le détroit d'Ormuz est actuellement la voie maritime la plus dangereuse au monde. Les Etats-Unis et l'Iran s'affrontent pour le contrôle de ce passage d'une importance stratégique majeure. Et désormais, les Emirats arabes unis s'interposent également: l'opérateur portuaire DP World prévoit la construction d'un nouveau port sur la côte est de cet Etat du Golfe, selon le quotidien britannique «Financial Times».
D'un point de vue économique, les Emirats dépendent actuellement fortement du port de Jebel Ali. C'est de là que le pays exporte son pétrole et d'autres marchandises vers le reste du monde. Le problème: ce port est situé au sud-ouest de Dubaï, sur la côte ouest de l'émirat.
Pour que les grands pétroliers puissent rejoindre la mer d’Arabie depuis ce port, ils doivent d’abord emprunter le détroit d’Ormuz. Avec un nouveau port situé plus à l’est, cette étape ne serait plus nécessaire. Les Emirats pourraient ainsi s’épargner bien des soucis, et notamment s'affranchir des plans des Etats-Unis et de l’Iran.
Ce nouveau port s'inscrit parfaitement dans la stratégie des Emirats visant à protéger leur économie contre de futures attaques contre le détroit. Le pays s'attelle donc à ce projet avec détermination. La construction du port devrait être achevée d'ici 18 mois, selon une source proche du dossier citée par le «Financial Times».
Trump exige une «taxe de protection»
Le détroit d’Ormuz fait régulièrement la une des journaux. Le président américain Donald Trump souhaite désormais «prendre le contrôle» du détroit et percevoir des redevances permettant aux navires de traverser en toute sécurité: des fonds pour la protection des navires de passage, à hauteur de 20% de la valeur de la cargaison transportée. Trump considère que le rôle des Etats-Unis est celui d’«ange gardien du détroit» – une mission géopolitique suicidaire qui pourrait réveiller des superpuissances jusqu’ici restées passives et les entraîner dans la guerre.
Afin de prendre le contrôle de cette importante voie commerciale, les Etats-Unis bombardent l’Iran presque quotidiennement. Une issue au conflit n’est pas en vue. Jusqu’à présent, Trump n’a dévoilé aucun calendrier concernant la fin du «conflit militaire» avec l'Iran. Les Emirats arabes unis poursuivent donc désormais leurs propres plans.