Israël s'en prend à Trump
«C'est un accord très mauvais!»: L'ambassadeur d'Israël à l'ONU fulmine contre Trump

L'ambassadeur d'Israël à l'ONU, Danny Danon, a vivement critiqué le protocole d'accord signé par les Etats-Unis et l'Iran. Il dénonce une déclaration d'intention «très mauvaise» pour Israël, et accuse Donald Trump d'avoir renforcé la position de Téhéran.
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L'accord conclu par les Etats-Unis et l'Iran ne passe pas en Israël.
Photo: imago/UPI Photo
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Janine Enderli

L’accord de principe conclu entre les Etats-Unis et l’Iran suscite de vives tensions à l’échelle internationale. L'ambassadeur d'Israël à l'ONU, Danny Danon, a fermement critiqué cette déclaration d'intention.

S'exprimant sur la chaîne privée israélienne Channel 14, le diplomate a qualifié l’accord de «très mauvais» pour Israël, les Etats-Unis et les pays du Golfe. Il a notamment accusé le président américain Donald Trump d'avoir renforcé la position de Téhéran en précipitant le processus de négociation.

«Mais il faut attendre. Aucune décision définitive n'a encore été prise, il ne s'agit que d'un cadre pour la suite des négociations», a tempéré l'ambassadeur.

Des réactions mitigées

Pendant ce temps, les pays médiateurs, le Pakistan et le Qatar, ont exprimé leur soulagement. Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a salué la «résolution pacifique» du conflit américano-iranien, tout en félicitant les dirigeants des deux nations pour la signature de ce protocole d'accord en 14 points.

Dans le reste du monde, en revanche, la publication du protocole a suscité des réactions mitigées mêlant soulagement, perplexité et indignation. Réunis en France, les dirigeants des pays du G7 ont accueilli favorablement le texte, y voyant une «chance historique d'empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire». Bien que largement tenus à l'écart des négociations, les dirigeants européens se sont réjouis de la réouverture annoncée du détroit d'Ormuz.

Netanyahu critiqué en Israël

Un optimisme loin d'être partagé par l'Etat hébreu. A l'instar de Danny Danon, Mark Regev, ancien conseiller du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, a ouvertement mis en doute le sérieux avec lequel l'Iran aborderait la suite des négociations sur son programme nucléaire, maintenant que les Etats-Unis ont relâché leur «pression» économique et militaire.

Le chef de l'opposition israélienne, Yaïr Lapid, s'est, lui aussi, montré particulièrement incisif ce mardi: «Netanyahu nous avait promis une victoire historique – à la place, nous récoltons une crise avec les Américains, un détroit d'Ormuz grand ouvert pour les Iraniens, de l'argent pour les Gardiens de la révolution, des missiles balistiques pointés sur Israël, et un pays réduit à attendre dans le couloir tel un enfant puni.»

Des avis très partagés à Washington

Aux Etats-Unis, les réactions sont très contrastées. Le sénateur républicain Lindsey Graham, proche allié de Donald Trump, a dressé un bilan positif de ce protocole d'accord. Selon lui, le texte sert les intérêts américains puisqu'il permet de rouvrir le détroit d'Ormuz et d'apaiser les tensions avec Téhéran. Bien qu'il juge incertaine la possibilité d'aboutir à un accord vérifiable sur le nucléaire iranien, il estime que la voie diplomatique reste pertinente.

D'autres sénateurs du même camp se montrent en revanche beaucoup plus sceptiques. Bill Cassidy a ainsi regretté que les ambitions nucléaires de l'Iran ne soient pas freinées par ce texte, soulignant que Téhéran avait désormais compris que le détroit d'Ormuz disposait d'un moyen de pression redoutable. 

Les réactions des pays du Golfe sont déjà plus tempérées. Au Koweït, on espère que la situation va désormais s’apaiser. Même son de cloche du côté des Émirats arabes unis et du Bahreïn.

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