Les marchés boursiers ont basculé dans le rouge lundi sous les effets conjugués de l'annonce d'une suspension des négociations entre l'Iran et les Etats-Unis et la forte remontée des prix du pétrole.
En Europe, tous les indices qui naviguaient en territoire positif ont changé d'humeur à l'annonce d'un média iranien indiquant que Téhéran suspendait les négociations avec Washington. L'indice des 50 plus grosses capitalisations européennes Euro Stoxx 50 reculait (-0,64%), traduisant le repli de Paris (-0,79%), Francfort (-0,80%) et Milan (-0,81%). Londres ne profitait pas de la remontée du pétrole (-0,87%).
La Suisse aussi dans le rouge
Lundi après-midi, la Bourse suisse a connu un retournement de situation: l'indice de référence SMI a plongé de 1,89 %, basculant en territoire négatif. Dix-sept des vingt valeurs composant l’indice étaient en baisse; seules les actions de Logitech, Kühne+Nagel et UBS résistaient pour le moment.
D’autres indices européens ont également subi des pressions, quoique moins marquées: le DAX allemand a perdu environ 0,6 %, tandis que le CAC 40 français a reculé de 0,9 %. La raison de l'interruption soudaine des négociations est liée aux informations parues dans les médias iraniens selon lesquelles l'équipe de négociation des mollahs aurait suspendu les pourparlers avec les Etats-Unis.
Intel en chute libre
Le recul était moins marqué à Wall Street à l'ouverture. Le Nasdaq des valeurs technologiques (0,00%) et le S&P 500 (-0,01%) restaient à l'équilibre, et résistaient mieux que le Dow Jones (-0,10%). Le Nasdaq semblait porté par le fabricant de processeurs Nvidia, première capitalisation mondiale (+3,46%).
Nvidia a dévoilé lundi un nouveau processeur pour ordinateurs portables fonctionnant sous Windows, conçu pour briser l'hégémonie de la technologie d'Intel et moderniser les appareils à l'ère de l'intelligence artificielle (IA). Intel reculait fortement (-6,49%) tout comme AMD (-4,29%), rival de Nvidia.
Cela confirme «que si l'on retire la technologie de l'équation, le reste des secteurs industriels mondiaux apparaît plutôt morose», signale Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote. L'Europe est également plus exposée à la remontée des prix du pétrole.
Le pétrole prend plus de 6%
Vers 16h (en Suisse), le Brent de la mer du Nord, référence mondiale du pétrole brut, remontait brutalement (+6,21%) à 96,78 dollars le baril (93,66 dollars pour le WTI américain, +7,21%).
Les prix du pétrole restent à des niveaux «suffisamment élevés pour menacer l'activité économique» mondiale, rappelle Ipek Ozkardeskaya. Les craintes d'une inflation plus forte poussent encore les rendements obligataires mondiaux à la hausse.