Ils risquent la prison
La justice militaire traque des centaines de Suisses qui font la guerre à Gaza

La justice militaire a ouvert une enquête préliminaire contre cinq Suisses qui se sont engagés dans l'armée israélienne après les attaques du Hamas. Au total, plus de 500 Suisses auraient rejoint les forces armées israéliennes.
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La justice militaire a ouvert une enquête préliminaire à l'encontre de cinq Suisses qui avaient rejoint l'armée israélienne après les attaques du Hamas. (Photo d'illustration)
Photo: AFP
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Daniel Ballmer

Plus de 500 Suisses servent dans l'armée israélienne, selon un document israélien. La plupart d'entre eux ont la double nationalité. Certains auraient été déployés à Gaza. Selon le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), au moins deux ressortissants suisses ont trouvé la mort depuis le 7 octobre 2023.

Les autorités ignorent toutefois combien de Suisses au total ont combattu sur place. Comme l’explique la justice militaire, les binationaux ne sont pas légalement tenus de signaler leur service à l'étranger.

La Confédération n’a donc aucune vue d’ensemble permettant de savoir quels ressortissants suisses, et combien d’entre eux, ont servi dans l’armée israélienne – et ont éventuellement participé à des crimes de guerre ou à des violations des droits de l’homme.

«Tout laisser derrière soi»

Le journal «Le Courrier» s’est lancé à la recherche d’indices. Il fait état du cas de Théodore*, un Genevois. Après les attaques du Hamas, celui-ci aurait décidé de «tout laisser derrière lui» pour s’engager comme volontaire dans l’armée israélienne.

Sa femme et son fils sont restés en Suisse. Théodore affirme se battre pour eux: «Les terroristes qui ont perpétré ces attentats auraient pu aller n’importe où. Même si ma famille est en Suisse, je la protège, tout comme ma famille élargie, le peuple israélien.» Des recherches indiquent que Théodore aurait également combattu à Gaza.

Joseph* est apparu dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. La publication, désormais supprimée, le montrait comme membre de l’unité Meitav. Dans la vidéo, il expliquait que, bien qu’il soit Suisse, il s’était engagé après le 7 octobre: «Maintenant que la guerre fait rage, j’ai compris qu’il n’y a qu’un seul pays.» Le journal cite d’autres cas.

Des enquêtes ouvertes

La justice militaire suisse a ouvert des enquêtes préliminaires contre cinq personnes. Les Suisses ne sont pas autorisés à servir dans des armées étrangères. Ils s’exposent à une peine privative de liberté pouvant aller jusqu’à trois ans. Des exceptions s’appliquent toutefois à ceux qui s’installent dans un autre Etat dont ils possèdent également la nationalité pour y effectuer leurs obligations militaires.

Les citoyens suisses de confession juive peuvent ainsi effectuer leur service en Israël, car l’Etat hébreu leur accorde la nationalité dans le cadre du droit au retour. Ils sont à l’abri de toute poursuite pénale, à condition que le tribunal militaire les reconnaisse officiellement comme résidents en Israël.

*Nom connu de la rédaction

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