Dissolution du Parlement
Avant les élections, Netanyahu tente de solder les promesses faites à sa coalition

Face à une opposition en colère, Netanyahu pousse sept projets de loi à la Knesset avant sa dissolution le 15 juillet. Ces textes cruciaux visent à consolider les alliances avant les élections israéliennes d'octobre.
Le Premier ministre Netanyahu espère ainsi renforcer ses alliances et arriver en position de force au scrutin.
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AFP Agence France-Presse

Le gouvernement israélien tente de faire voter sept projets de loi avant la dissolution imminente du Parlement et les prochaines élections, chacun de ces textes étant capital pour les partis de la coalition de Benjamin Netanyahu, à la colère de l'opposition. Le Premier ministre espère ainsi renforcer ses alliances et arriver en position de force au scrutin, fin octobre, alors que, selon les derniers sondages, il ne serait pas en mesure de former le prochain gouvernement.

Celui qui a occupé le poste de Premier ministre plus de 18 années cumulées depuis 1996 fait face à la colère de l'opinion publique en raison notamment des défaillances ayant permis l'attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza. «Pendant qu'ils se préoccupent de la survie de leur coalition, nous nous battons pour le pays et pour l'intérêt des citoyens israéliens», a tancé le chef de l'opposition, Yaïr Lapid, mardi sur X, ajoutant que ses élus tentaient d'empêcher que ces lois ne soient votées.

Exemption de service militaire

Parmi ces projets législatifs, celui qui a suscité le plus de débats dans le pays concerne l'exemption de service militaire pour les étudiants des textes religieux, réclamée par les partis ultra-orthodoxes. Ces derniers ont, par le passé, menacé à plusieurs reprises de faire tomber le gouvernement si leurs électeurs n'en bénéficiaient pas. Le texte voté en lecture préalable en juin stipule que «l'État d'Israël reconnaîtra les personnes qui s'engagent à se consacrer à l'étude de la Torah pendant une longue période comme accomplissant un service significatif au bénéfice de l'État et du peuple juif».

Depuis des mois, la «loi fondamentale sur l'étude de la Torah» a fait descendre des milliers d'Israéliens dans les rues et mis le feu aux poudres sur les plateaux de télévision.

«Le gouvernement profite des derniers jours de (sessions parlementaires à) la Knesset pour faire voter des lois contre l'armée», a commenté le principal adversaire de M. Netanyahu, l'ancien chef d'état-major Gadi Eizenkot, assurant que seul son tout jeune parti, Yashar ("droit», en hébreu), serait en mesure de former le prochain gouvernement. Ce «marathon» législatif n'a pour but, selon lui, que de faire passer des lois qui ne pourraient être votées lorsqu'il sera au pouvoir.

Délais serrés

En échange du soutien à ce projet de loi, les députés des deux formations ultra-orthodoxes accepteraient de voter pour des lois proposées par le Likoud, le parti de M. Netanyahu, notamment sur la réforme de l'audiovisuel, qui vise à refondre l'ensemble de la réglementation du marché de la télévision, de la radio et des plateformes de contenus en ligne. Présentée comme une mesure destinée à ouvrir le marché à la concurrence, ses détracteurs dénoncent une prise de contrôle politique des médias, un démantèlement de l'indépendance de l'information et l'octroi d'avantages économiques à des organes de presse proches du pouvoir.

Autre projet de loi en vue, celui sur la réforme du statut du procureur de l'État, également conseiller juridique du gouvernement et que le Likoud veut affaiblir en stipulant que ses avis ne seront plus contraignants pour le gouvernement. Là, l'opposition accuse le gouvernement de vouloir éliminer un contre-pouvoir indépendant et de politiser les poursuites judiciaires.

Enfin, le gouvernement tente d'annuler une réforme mise en place par le gouvernement précédent qui mettait fin au monopole du rabbinat sur la délivrance des certifications casher. A nouveau, ce projet de loi semble taillé sur mesure pour des partis ultra-orthodoxes, notamment le parti Shass, qui le réclamaient pour préserver les intérêts de l'institution, au détriment des consommateurs: la réforme devait faire baisser les coûts pour les restaurateurs.

D'autres projets encore sont discutés par les commissions parlementaires mais les débats animés, y compris au sein de la coalition, rendent délicate l'adoption de toutes ces lois avant la fin de la législature. La Knesset doit se dissoudre automatiquement le 15 juillet, date de la fin de la session d'été, et les élections législatives se tenir le 27 octobre. Afin de terminer un processus législatif en cours, les parlementaires peuvent toutefois reporter la date de la fin de cette session d'encore 12 jours, ce qui accorderait à M. Netanyahu et ses alliés un délai supplémentaire pour faire voter ces lois.

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