Un e-mail interne du Pentagone révèle que les Etats-Unis auraient l'intention de sanctionner certains alliés de l’OTAN, à commencer par ceux qui ne soutiennent pas suffisamment Washington dans sa guerre contre l’Iran, rapporte l’agence de presse Reuters.
Les pays jugés «difficiles» pourraient par exemple être écartés de postes clés au sein de l’OTAN. L’exclusion de l’Espagne de l’alliance ferait aussi partie des scénarios évoqués, selon un fonctionnaire cité par Reuters. Le fait que les Etats-Unis ne puissent pas prendre seuls ce type de décisions ne semble pas être pris en compte.
Le mail propose aussi de «réexaminer la position américaine concernant la revendication britannique sur les îles Malouines». Le président américain Donald Trump a déjà critiqué l’alliance à plusieurs reprises. Début avril, il déclarait: «L’OTAN n’était pas là quand nous avions besoin d’elle – et elle ne sera pas là quand nous en aurons à nouveau besoin. Pensez au Groenland, ce grand morceau de glace mal géré!»
Le manque de soutien se traduirait notamment par le fait que des pays comme l’Espagne, l’Italie et la France bloquent des espaces aériens, ferment des bases militaires ou n’en autorisent qu’un usage limité aux Etats-Unis.
Les bons dans le pot, les mauvais...
Selon un article de «Politico», il existerait même une liste interne «sage ou méchant». Sur cette liste, Donald Trump classerait les Etats entre «bons» et «mauvais». Les «mauvais» pays pourraient s’exposer à des conséquences, avait déjà affirmé le ministre américain de la Défense Pete Hegseth en décembre 2025, lorsqu’il avait évoqué pour la première fois ce système d’«élèves modèles» et de «pécheurs» au sein de l’OTAN.
Parmi les mesures possibles contre les «mauvais» pays figure notamment un retrait de troupes. Mais ce projet reste flou. «Ils ne semblent pas avoir d’idées particulièrement concrètes lorsqu’il s’agit de punir des alliés peu fiables.»
La Pologne et la Roumanie figurent actuellement du côté des «bons». En effet, la Pologne prend en charge une grande partie des coûts liés aux quelque 10’000 soldats américains stationnés sur son territoire. La Roumanie, elle, a agrandi sa base aérienne de Mihail Kogalniceanu pour accueillir davantage de troupes.