La Commission européenne a appelé les Etats européens à réduire leurs objectifs de remplissage de gaz pour l'hiver prochain, afin d'atténuer la pression sur les prix, qui s'envolent avec la guerre au Moyen-Orient. Dans un courrier adressé aux Etats et consulté par l'AFP samedi, le commissaire européen à l'énergie Dan Jorgensen souligne «l'impact considérable» de la guerre sur les marchés mondiaux du pétrole et du gaz.
Dans ces circonstances, ce responsable de l'UE suggère aux Etats d'utiliser les «flexibilités» autorisées par la législation européenne. Au lieu de remplir leurs stocks de gaz à 90% pour l'hiver prochain, le niveau requis habituellement, l'UE appelle les Vingt-Sept à viser un objectif de remplissage de 80% seulement, afin de «rassurer les acteurs du marché».
«Les récents développements indiquent qu'il pourrait falloir plus de temps pour que la production qatarie de gaz naturel liquéfié (GNL) revienne aux niveaux connus avant la crise», écrit Dan Jorgensen. «La sécurité d'approvisionnement de l'Union européenne reste relativement protégée à ce stade, en raison de sa dépendance limitée aux importations en provenance de cette région et des cargaisons de GNL ayant traversé le détroit d'Hormuz avant le conflit», rassure-t-il.
Une crise gazière en approche?
«Mais, en tant qu'importateur net d'énergie sur les marchés mondiaux, les prix mondiaux élevés et volatils qui en résultent pourraient également affecter les injections de gaz dans les stocks de l'UE», indique-t-il. Les frappes sur le premier site de production de gaz liquéfié (GNL) au monde, à Ras Laffan, au Qatar, ont fait ressurgir le spectre d'une crise gazière, comme lors du début de la guerre en Ukraine en 2022.