Après une énième saillie
«Ça suffit maintenant!» Le président du Groenland recadre sévèrement Trump

Donald Trump a répété son souhait de mettre la main sur le Groenland. De quoi attirer les foudres du Danemark et des autorités groenlandaises.
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Une tweet de la femme du directeur de cabinet adjoint à la Maison Blanche a suscité l'ire du Danemark.
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AFP Agence France-Presse

L'ambassadeur du Danemark aux Etats-Unis a appelé dimanche au «respect total» de l'intégrité territoriale du Groenland, après le tweet de la femme du directeur de cabinet adjoint à la Maison Blanche ayant partagé une photo du Groenland sous le drapeau américain.

Katie Miller, épouse du directeur de cabinet adjoint de la Maison Blanche, Stephen Miller, a publié samedi sur son compte X une photo du Groenland colorée aux couleurs du drapeau américain, assortie d'une courte légende en capitales: «SOON» (bientôt).

La tension monte depuis décembre

Le Groenland est convoité par Donald Trump, au grand dam du Danemark, et les tensions entre les deux pays ont été relancées par l'annonce fin décembre par le président américain de la nomination d'un envoyé spécial pour ce vaste territoire autonome danois.

«Petit rappel amical concernant les Etats-Unis et le Royaume du Danemark: nous sommes des alliés proches et devons continuer à travailler ensemble en tant que tels», a déclaré dans une réponse au message de Katie Miller, l'ambassadeur du Danemark aux Etats-Unis, Jesper Møller Sørensen. «Et oui, nous attendons le respect total de l'intégrité territoriale du Royaume du Danemark», ajoute-t-il.

Un avertissement clair

Katie Miller a été un temps conseillère et porte-parole de la commission pour l'efficacité gouvernementale Doge, alors dirigée par Elon Musk, avant d'être employée par le milliardaire dans le secteur privé.

La publication de Katie Miller sur X intervient après que l'armée américaine a capturé le président vénézuélien, Nicolas Maduro, à Caracas. Une opération vue par les experts comme un avertissement aux alliés des Etats-Unis, inquiets des menaces de Trump de s'accaparer des ressources stratégiques.

«Nous avons besoin du Groenland»

Le président Donald Trump a réitéré dimanche sa position selon laquelle le Groenland devrait faire partie des Etats-Unis pour leur «sécurité», malgré les appels de la Première ministre danoise à cesser ses menaces sur le territoire.

«Nous avons besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale, et le Danemark ne sera pas en mesure de s'en occuper», a répondu Donald Trump à des journalistes à bord d'Air Force One.

Réaction du premier ministre groenlandais

«Ça suffit maintenant», a réagi le Premier ministre groenlandais Jens Frederik Nielssen dans la nuit de dimanche à lundi suite aux menaces réitérées du président américain Donald Trump qui s'occuper de l'île arctique qu'il souhaite faire passer sous drapeau américain. «Plus de pression. Plus de sous-entendus. Plus de fantasmes d'annexion. Nous sommes ouverts au dialogue. Nous sommes ouverts aux discussions. Mais cela doit se faire par les bons canaux et dans le respect du droit international», a écrit sur Facebook le chef du gouvernement groenlandais.

La France «solidaire»

La France est «solidaire» du Danemark face aux menaces du président américain Donald Trump sur le Groenland, a affirmé lundi le porte-parole de la diplomatie francaise Pascal Confavreux. «Il ne peut pas y avoir de modification des frontières par la force», a souligné Pascal Confavreux sur la chaîne française TF1.

L'intervention militaire américaine au Venezuela pour capturer le président Nicolas Maduro a ravivé les craintes du Danemark et de ses alliés européens concernant le Groenland. Le porte-parole de la diplomatie française a estimé que «le droit international n'avait pas été respecté» lors de l'intervention des forces spéciales américaines au Venezuela.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot avait lui aussi condamné ces dernières heures une infraction au droit international, contrairement au président français Emmanuel Macron qui s'est attiré de ce fait la critique de plusieurs responsables politiques français, notamment à gauche.

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