Le Premier ministre britannique travailliste Keir Starmer multiplie les consultations et «réfléchit aux réalités politiques» auxquelles il fait face, a affirmé dimanche un ministre de haut rang. Dans le même temps, les médias pronostiquent une démission dans quelques jours.
Keir Starmer a répété vendredi qu'il se battrait pour rester au pouvoir, après l'élection au Parlement de son principal rival Andy Burnham, le maire du Grand Manchester, désormais favori pour le déloger de Downing Street.
Le ministre du Commerce britannique Peter Kyle a déclaré dimanche que le Premier ministre, miné par l'impopularité, «prenait le temps de réfléchir aux réalités politiques, aux défis et aux opportunités auxquels il est confronté». «Il s'est entretenu avec un très large éventail de personnes», a déclaré Peter Kyle à la chaîne Sky News après avoir eu, selon ses propres termes, une conversation «franche» avec Keir Starmer vendredi.
Démission attendue lundi
La Une du journal The Observer dimanche assurait que Keir Starmer «devrait démissionner» lundi, tandis que le Sunday Telegraph le disait «prêt» à partir, citant des proches du dirigeant britannique. Selon The Observer, Keir Starmer va «définir un calendrier pour son départ», précisant qu'il avait mené des discussions tout au long du week-end depuis Chequers, la résidence de campagne des Premiers ministres.
La ministre des Affaires étrangères, Yvette Cooper, figure parmi les ministres de premier plan lui ayant demandé de démissionner, selon Sky News. Cet ex-avocat de 63 ans, spécialisé dans les droits humains, était pourtant entré par la grande porte à Downing Street le 5 juillet 2024, après une large victoire du Labour aux législatives.
Les attentes étaient grandes dans un Royaume-Uni qu'il avait jugé «cassé» par 14 années de gouvernements conservateurs, mais deux ans plus tard, le pays reste confronté à une économie apathique, une hausse du coût de la vie et à des services publics, notamment de santé, éreintés par des années d'austérité.
Entourage miné par les scandales
Son gouvernement n'a pas non plus échappé aux affaires. Plusieurs de ses ministres ont été contraints au départ, dont sa numéro deux Angela Rayner, en septembre 2025. Il a également été accusé de ne pas prendre ses responsabilités dans l'affaire Peter Mandelson: nommé ambassadeur à Washington, l'ex-commissaire européen a été limogé neuf mois plus tard, après des révélations sur son amitié avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein.
Parmi les successeurs possibles au chef du gouvernement, dont l'ex-ministre de la Santé Wes Streeting, Andy Burnham est le seul capable de battre clairement Starmer dans une élection interne, selon des études d'opinion. Mais selon un sondage Yougov réalisé vendredi, seuls 23% des Britanniques pensent qu'il ferait un meilleur Premier ministre que l'actuel locataire de Downing Street.