La police allemande a mené mercredi des perquisitions dans le cadre d'une enquête sur une tentative présumée de sabotage de l'approvisionnement en gaz en Allemagne, au moment de la vente en 2022 de l'ancienne filiale allemande du géant russe Gazprom.
Un juge d'instruction de la Cour constitutionnelle allemande a autorisé «des perquisitions dans les locaux d'un mis en cause», un ressortissant russe, et d'une autre personne à Berlin, «ainsi que dans ceux d'une entreprise à Francfort», a annoncé le parquet fédéral dans un communiqué.
«Aucune arrestation n'a eu lieu» à l'issue de ces actions visant «à clarifier les soupçons existants», a ajouté le parquet. Gazprom, contrôlé par l'Etat russe, avait annoncé au printemps 2022 son retrait de Gazprom Germania, quelques semaines après le début de l'invasion de l'Ukraine par la Russie synonyme de rupture diplomatique et économique entre Berlin et Moscou.
Filiale nationalisée
Gazprom avait alors cédé sa filiale berlinoise à «une société moscovite sans lien avec le secteur concerné» et ce nouveau propriétaire a «immédiatement après la vente ordonné la liquidation», selon le communiqué du parquet. Cette liquidation avait été décidée en violation de la loi allemande et sans le feu vert du gouvernement, alors que Gazprom Germania détenait au moins 25% des capacités de stockage de gaz naturel en Allemagne.
Le parquet soupçonne le ressortissant russe d'avoir «soutenu» la procédure de liquidation dans le but de «compromettre l'approvisionnement en gaz» de l'Allemagne. Berlin avait pu empêcher le projet en plaçant la filiale sous tutelle provisoire de l'Etat allemand, avant de la nationaliser quelque mois plus tard en raison de son importance pour l'approvisionnement énergétique du pays.
Elle s'appelle désormais Securing Energy for Europe GmbH (SEFE). De même, les filiales en Allemagne de la compagnie pétrolière russe Rosneft avaient été placées sous tutelle allemande en septembre 2022. Devenue le premier soutien financier de l'Ukraine, l'Allemagne est en alerte face aux tentatives de sabotage, aux campagnes de désinformation et aux cyberattaques imputées notamment à la Russie.