500 lycées suspendent les cours
Un adolescent qui a aspergé un prof d'essence interpellé à Marseille

Un adolescent de 16 ans, soupçonné d’avoir agressé un professeur à La Ciotat vendredi, a été arrêté à Marseille dimanche. Le professeur avait tenté d’éteindre un début d’incendie avant d’être aspergé d’essence.
La France compte près de 5000 interpellations depuis le début de la semaine dans le cadre des manifestations des lycées.
Photo: IMAGO/Anadolu Agency
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AFP Agence France-Presse

Un adolescent de 16 ans a été interpellé dimanche matin et placé en garde à vue en lien avec l'agression d'un enseignant à La Ciotat, aspergé d'essence et frappé en marge d'une manifestation lycéenne vendredi, a-t-on appris de sources concordantes. L'adolescent, interpellé à Marseille, a été placé en garde à vue, a indiqué à l'AFP une source proche du dossier, confirmant une information du journal Le Parisien qui précise que le lycéen est originaire de La Ciotat.

Une source de police ajoute que le mineur est soupçonné d'avoir aspergé d'essence puis donné un coup au professeur de 59 ans lors d'un rassemblement devant un lycée. Le professeur de physique-chimie, qui a porté plainte, était intervenu pour empêcher un début d'incendie au pied d'un arbre.

«Une douche d'essence»

«Il y a un ou deux élèves qui ont jeté de l'essence sur un arbre (...) et donc ça a commencé à s'embraser», a indiqué le professeur sur BFMTV. «J'ai commencé à essayer de l'éteindre avec les moyens du bord, c'est-à-dire que j'ai jeté de la terre dessus», a-t-il encore expliqué. «J'avais les pieds très près du feu et c'est à ce moment-là que j'ai reçu une douche à l'essence», dit-il, précisant avoir ressenti une «brûlure dans l'oeil».

Sur une vidéo ayant circulé sur les réseaux sociaux, on voit un individu tout de noir vêtu et visage masqué projeter du liquide sur le professeur qui porte alors les mains au visage. La victime est debout, tout près du feu au sol. Samedi soir, le parquet de Marseille avait indiqué avoir ouvert une enquête pour «violences avec ITT (incapacité temporaire de travail) inférieure ou égale à huit jours», aggravées de trois circonstances : avec arme, visage dissimulé et envers une personne chargée d'une mission de service public.

Parti le 17 septembre depuis la région parisienne, le mouvement de protestation des lycéens s'est enflammé ces derniers jours dans de nombreuses villes de France. Les blocages de lycées ont été émaillés de heurts avec les forces de l'ordre, le gouvernement condamnant des «violences urbaines». Depuis lundi, les autorités françaises ont dénombré plus de 5000 interpellations, dont environ 85% de mineurs, en marge de ce mouvement de blocage.

Près de 500 lycées suspendent les cours

Les cours seront «totalement ou partiellement» suspendus lundi dans «400 à 500» lycées où les conditions de sécurité «ne sont pas réunies» et 24 établissements scolaires ont été «incendiés ou saccagés» en marge du mouvement lycéen qui s'est étendu la semaine dernière, a annoncé dimanche le ministre de l'Education nationale.

«Il y en avait entre 400 et 500 qui ont suspendu les cours» vendredi, sur les 3700 que compte le pays, et «il y en aura probablement autant lundi, mais avec une reprise partielle des cours, progressive», a précisé Edouard Geffray sur France 2 et France Inter, déplorant par ailleurs «78 personnels» de l'Education nationale blessés «depuis le début des évènements».

Les fermetures interviennent lorsque «les conditions de sécurité ne sont pas remplies», soit pour des raisons matérielles, soit parce que des personnels «ont été directement visés», a expliqué le ministre.

Des milliers d'interpellations

«Il y a des militants notamment d'ultra-gauche qui ont infiltré le mouvement lycéen, qui ont dépossédé les lycéens du mouvement et qui ont été extrêmement violents. Très clairement, ça fait aussi courir un risque à nos personnels et à nos élèves. 78 personnes de l'Education nationale ont été blessées, on n'a jamais vu ça. Ils ont été attaqués délibérément parce qu'ils étaient personnels de l'Education nationale», a dénoncé M. Geffray.

La journée de vendredi a été marquée par des tensions et plus de 1700 interpellations -pour 5000 au total depuis lundi- et les organisateurs appellent à la poursuite de la mobilisation mardi faute de «mesures concrètes». Les lycéens mobilisés revendiquent plus de moyens humains et financiers pour l'Education nationale, se plaignent de la pression de Parcoursup, de professeurs non remplacés, de bâtiments délabrés ou encore d'emplois du temps trop chargés.

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