Avec son corps transparent aux reflets violacés, ses tentacules pouvant atteindre 50 mètres et son pouvoir urticant très puissant, la «méduse coloniale» n’en est pourtant pas une. Cet animal marin qui vient jouer les trouble-fête sur certaines plages européennes est une physalie. Aussi appelée «galère portugaise», elle se laisse porter par les courants jusqu’à venir s’échouer sur les côtes atlantiques françaises et portugaises. Sous son flotteur de surface, qui ressemble à un sac plastique balloté en mer, la physalie traîne des filaments hautement toxiques et quasiment invisibles.
Après les alertes aux méduses, y compris dans les lacs suisses, ce cousin carnivore envahit les plages océanes françaises et portugaises en pleine saison estivale. Certaines régions côtières ont dû fermer leurs zones de baignade, voire des plages entières. Biarritz, la Bretagne, le Pays basque et les Landes sont notamment touchés. La commune de Vieux-Boucau a partagé des images, repérées par «La Triubune de Genève», d'un estran tapissé de dizaines de petites créatures colorées gisant dans le creux du sable.
Même échouées, les physalies restent toxiques et représentent un danger pour les humains. Leurs tentacules filiformes, à peine visibles dans l’eau, restent actifs pendant plusieurs jours, même arrachés. Au contact de la peau, des cellules extrêmement urticantes injectent un venin neurotoxique qui cause d’intenses douleurs, des brûlures chimiques et des marques rouges. Si les décès sont rares, certaines réactions peuvent être mortelles.
Réchauffement climatique en cause
Avec la hausse des températures, la galère portugaise arrive en masse sur les côtes européennes. Le réchauffement climatique crée des conditions propices à cette espèce originaire des océans tropicaux et subtropicaux. La surpêche favorise également sa prolifération en réduisant le nombre de ses prédateurs, comme les tortues marines ou les poissons-lunes.
Les autorités appellent les visiteurs à rester vigilants. Une piqûre ressemble à «un gros coup de fouet» et peut nécessiter jusqu’à trois mois de guérison. En cas de contact, il faut sortir immédiatement de l’eau et rincer abondamment la zone touchée à l’eau de mer et au vinaigre.