Arraisonné par la marine française
Un pétrolier de la flotte fantôme russe paie 1 million et peut lever l'ancre

Intercepté en mai à 740 km de la Bretagne, le pétrolier russe Tagor a été libéré après avoir payé une amende d’un million d’euros pour faux pavillon et refus d’obtempérer.
Le pétrolier Tagor a été arraisonné par la marine française au large de la Bretagne.
Photo: AFP
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ATS Agence télégraphique suisse

Arraisonné dans l'Atlantique par la marine française il y a un mois, le Tagor, pétrolier de la flotte fantôme russe, a été autorisé jeudi à lever l'ancre après versement d'une amende d'un million d'euros pour défaut de pavillon et refus d'obtempérer.

«L'immobilisation administrative du navire va être levée» et le pétrolier «Tagor va pouvoir quitter les eaux territoriales françaises», a précisé le procureur de Brest Stéphane Kellenberger dans un communiqué.

Sous sanctions des États-Unis et de l'Union européenne, le Tagor est soupçonné de transporter du pétrole russe ou iranien. Ce pétrolier de 252 mètres de long avait été arraisonné le 31 mai à plus de 400 milles nautiques (740 km) à l'ouest de la Bretagne. La marine française, qui le soupçonnait d'arborer un faux pavillon camerounais, avait demandé à visiter le bateau, comme le permet la convention de Montego Bay sur le droit de la mer.

«Piraterie», selon le Kremlin

Mais le commandant avait refusé d'obéir aux consignes des militaires, qui ont dès lors décidé de prendre le contrôle du pétrolier et de le détourner vers la France. Le Kremlin avait qualifié l'arraisonnement d'opération «à la limite de la piraterie internationale».

Le Cameroun avait de son côté fermement condamné l'utilisation frauduleuse de son pavillon par le Tagor. Arrivé dans un port français le 2 juin, le Tagor était immobilisé depuis lors, sur décision administrative. Le commandant russe du navire avait été placé en garde à vue le même jour, puis libéré le lendemain, dans le cadre d'une enquête pour défaut de pavillon et refus d'obtempérer en mer.

La société propriétaire du navire, immatriculée aux Iles Marshall, a finalement reconnu sa culpabilité et été condamnée par la justice française. La somme d'un million d'euros a déjà été versée, a précisé le procureur. Il a ajouté que la société propriétaire du navire avait «pris l'engagement d'obtenir dans les meilleurs délais un nouveau pavillon, licite».

Lié à un magnat iranien

Le Tagor a changé à de multiples reprises de pavillon, arborant notamment ceux de Madagascar, des Iles Marshall ou du Panama. Le navire serait lié au magnat iranien du pétrole Mohammad Hossein Shamkhani, selon le site Opensanctions.org.

Mohammad Hossein Shamkhani est le fils d'Ali Shamkhani, proche conseiller de l'ancien guide suprême iranien Ali Khamenei. Ces derniers ont tous deux été tués en février, au premier jour de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.

C'est le quatrième pétrolier de la flotte fantôme, utilisée par Moscou pour contourner les sanctions occidentales contre ses ventes de pétrole, à être intercepté en mer par la France depuis septembre 2025.

Un cinquième pétrolier, le Deliver, intercepté au large de la Sicile le 23 juin, était toujours immobilisé jeudi près du terminal pétrolier du port de Marseille-Fos, dans le sud-est de la France.

Les trois autres pétroliers interceptés, le Deyna, le Grinch et le Bocaray, avaient pu repartir après paiement d'amendes pour les deux derniers. Le montant exact de ces amendes n'a pas été révélé, mais le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot avait évoqué «plusieurs millions d'euros» dans le cas du Grinch.

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