Ouverture d'un procès crucial
Le géant Meta accusé d'avoir délibérément appâté les enfants et trompé le public

Meta, confronté à des accusations de mise en danger des jeunes, fait face à un procès fédéral à Oakland. Quatre États américains réclament 200 milliards de dollars et une refonte d'Instagram et de Facebook.
Meta s'est dit confiant que les «preuves démontreront un engagement de longue date en faveur des jeunes».
Photo: keystone-sda.ch
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AFP Agence France-Presse

Meta a délibérément «appâté» les enfants sur Instagram et Facebook puis «trompé» le public en cachant les risques encourus pour leur santé mentale, a accusé mardi une procureure de Californie à l'ouverture d'un procès fédéral inédit contre le géant des réseaux sociaux à Oakland, près de San Francisco.

«Meta, l'une des plus grandes et des plus puissantes entreprises au monde, a mené une campagne pour tromper, pour induire en erreur ses utilisateurs, les législateurs, les enseignants et les parents», a fustigé Megan O'Neill, procureure générale adjointe de Californie, devant les jurés qui vont examiner l'affaire jusqu'à la fin septembre.

200 milliards de dollars réclamés

Déjà condamné deux fois cette année pour son impact sur des mineurs, Meta affronte mardi les plaidoiries d'ouverture du procès dans lequel quatre Etats américains lui réclament près de 200 milliards de dollars de pénalités et une refonte de ses deux applications phares.

«Le modèle économique de Meta tient en quatre temps: accrocher les utilisateurs, les retenir le plus longtemps possible, récolter leurs données, puis cacher la vérité au public», a argumenté la procureure adjointe de Californie, au nom de ses homologues du Colorado, du Kentucky et du New Jersey. Ces quatre Etats vont porter le fer contre Meta dans ce procès, en chef de file d'un total de 29 procureurs généraux qui poursuivent le groupe de Menlo Park depuis 2023.

Meta ne tremble pas

Meta a reconnu de longue date que certains utilisateurs de Facebook et Instagram témoignaient d'un «usage problématiqu» des plateformes et a développé des outils pour les aider, a rétroqué l'avocat du groupe. «Il n'y a pas de contestation possible sur le fait que Meta a à la fois reconnu que certaines personnes peuvent avoir du mal à gérer leur usage des réseaux sociaux, et cherché à concevoir des outils pour les aider», a déclaré Paul Schmidt devant les jurés, énumérant les prises de position publiques répétées du groupe entre 2017 et 2024.

Meta, qui revendique quelque 3,6 milliards d'utilisateurs sur l'ensemble de ses applications, «est en profond désaccord avec ces accusations» et se dit «confiant que les preuves démontreront (son) engagement de longue date en faveur des jeunes», a déclaré un porte-parole à l'AFP.

«Aucune entreprise, aussi riche, aussi influente, aussi intouchable qu'elle se croie, ne devrait pouvoir se placer au-dessus de la vérité, de la loi et de nos enfants», a déclaré aux médias Lori Schott, dont la fille s'est suicidée à l'adolescence. Fondatrice du collectif Parents RISE, elle est venue mardi manifester avec d'autres mères accusant les réseaux sociaux d'avoir mis en danger leurs enfants.

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