Israël participe mardi soir à la première demi-finale de l'Eurovision. Le concours est ébranlé cette année par le plus important boycott de ses 70 ans d'histoire, en raison de la présence de ce pays. Alors que 15 candidats s'apprêtent à fouler la scène de la Stadthalle à Vienne, les groupes audiovisuels publics de l'Espagne, de l'Irlande et de la Slovénie ont annoncé qu'ils ne diffuseront pas le plus grand télécrochet mondial, qualifié de «cirque» par le groupe slovène RTV.
Les trois pays ont décidé de ne pas envoyer de candidat en raison de la présence d'Israël, à qui ils reprochent la conduite de la guerre à Gaza en représailles à l'attaque le 7 octobre 2023 du mouvement islamiste palestinien Hamas sur son sol. Tout comme l'Islande et les Pays-Bas, qui en revanche diffuseront l'événement auquel 35 pays au total prennent part.
La demi-finale démarre à 21h00 avec, outre Israël, le Monténégro, l'Estonie, la Géorgie, le Portugal, Saint-Marin, la Croatie, la Suède, la Pologne, la Belgique, la Lituanie, la Serbie, la Finlande, la Moldavie et la Grèce. Lors de la seconde demi-finale le 14 mai, l'Albanie, le Danemark, l'Arménie, la Roumanie, Chypre, la Suisse, la Norvège, l'Azerbaïdjan, le Luxembourg, Malte, la Bulgarie, l'Australie, l'Ukraine, la République tchèque et la Lettonie tenteront leur chance.
Les points des jurys seront combinés aux résultats d'un vote du public, pour déterminer les dix chansons qualifiées lors de chaque demi-finale. Ces 20 chansons rejoindront les titres présélectionnés de l'Autriche, gagnante de l'année dernière à Bâle et qualifiée d'office pour la finale samedi. La France, l'Allemagne, l'Italie et le Royaume-Uni viennent automatiquement compléter le tableau, en raison de leur statut de principaux contributeurs financiers.
Supprimés en 2022, les jurys professionnels feront leur retour en demi-finales avec des panels élargis et plus diversifiés, comprenant notamment de jeunes jurés âgés de 18 à 25 ans.
Cercueils
Quelques dizaines de militants propalestiniens ont déposé des cercueils dans le centre de la capitale autrichienne pour protester contre la participation d'Israël. «Bien sûr, la musique devrait être quelque chose d'universel. La musique devrait rassembler les gens, mais pas de cette manière», a déclaré à l'AFP Karin Spindlberger, 67 ans.
Le député français Thomas Portes (gauche radicale) a aussi évoqué l'Eurovision mardi en conférence de presse à l'Assemblée nationale à Paris. «Laisser Israël sur la scène de l'Eurovision n'est pas neutre», a-t-il déclaré. «C'est laisser faire, c'est banaliser les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité». Plus d'un millier d'artistes ont également appelé au boycott, tout comme Amnesty International
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Amichai Chikli, le ministre israélien des Affaires étrangères, s'est inquiété lundi dans un communiqué d'une «forte poussée, coordonnée, de discours antisémites et anti-israéliens autour de l'Eurovision 2026». «J'ai donné instruction d'élargir la surveillance et les alertes en temps réel, et de travailler de concert avec les autorités compétentes et nos partenaires à travers le monde afin de protéger les citoyens israéliens et les communautés juives», a-t-il ajouté.
Boy George
Parmi les favoris du concours, le candidat israélien Noam Bettan chante en hébreu, français et anglais. Sa vidéo a été vue 3,4 millions de fois sur la chaîne YouTube officielle de l'Eurovision, une performance bien au-dessus de la moyenne. La Finlande et la Grèce devraient aussi passer l'étape de ces demi-finales comme une formalité.
Akylas Mytilineos, le candidat envoyé par Athènes, 27 ans, raconte avoir dû faire de la musique dans la rue pour payer les factures. Il se définit comme queer et sa chanson, «Ferto», soit «Ramène ça!», est un morceau électro-pop sur la cupidité et la quête de richesse matérielle.
Interrogés par l'AFP dimanche, Linda Lampenius et Pete Parkkonen, les candidats de la Finlande, n'ont pas semblé stressés par leur statut de chouchous des parieurs. «Le ressenti doit venir du coeur», explique ce duo composé d'une violoniste de 56 ans et d'un chanteur de 36 ans qui fait mouche avec un titre, «Liekinheitin», «Lance-flamme», interprété en finnois.
Boy George, star des années 80, va faire une apparition lors du passage de la chanteuse Senhit, qui représente Saint-Marin.