A l'approche des élections
Aux États-Unis, l’inflation repart sous la pression de l’énergie

Aux États-Unis, l’inflation a accéléré en septembre à 3,7% sur un an, portée par l’énergie, selon le département du Travail. Cette poussée pèse sur les ménages et complique le débat sur les taux de la Fed.
L'inflation américaine atteint 3,7% en septembre.
Photo: keystone-sda.ch
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AFP Agence France-Presse

L'inflation continue de peser sur les ménages américains, alors que l'énergie fait toujours s'accélérer l'indice des prix à la consommation dans un contexte où le pouvoir d'achat s'est imposé comme l'un des thèmes majeurs de la campagne pour les élections de mi-mandat, prévues début novembre.

Au mois de septembre, l'indice CPI a en effet poursuivi son accélération, avec une hausse des prix de 3,7% sur un an, sans surprise toujours largement tirée par les prix de l'énergie, selon les données publiées mercredi par le département du Travail.

Sur un mois, l'indice des prix à la consommation (CPI) a montré la même trajectoire, avec une hausse de 0,6%, contre 0,4% un mois plus tôt, conforme toutefois aux anticipations des analystes, selon le consensus publié par MarketWatch.

En août sur un an, l'inflation avait été mesurée à 3,4% et sur un an, les analystes prévoyaient bien une accélération, mais un peu moins marquée que celle observée, envisageant une inflation à 3,6% en rythme annuel.

De mauvais chiffres

Conséquence directe de ces mauvais chiffres, le taux d'intérêt de la dette publique américaine s'est envolée mercredi, l'échéance à dix ans, la référence, évoluant à 5,32%, contre 5,21% à la clôture la veille.

Les prêteurs demandent plus cher pour compenser l'inflation qui vient amputer leurs marges. Reste que cette hausse ne devrait pas nécessairement inciter la Réserve fédérale (Fed) à accélérer son calendrier de hausses potentielles, après avoir rehaussé ses taux lors de sa dernière réunion.

Plusieurs membres de son Comité de politique monétaire (FOMC) ont d'ores et déjà signalé qu'ils n'envisageaient pas de nouvelle hausse lors de la prochaine réunion, prévue les 27 et 28 octobre.

Les marchés sont de leur côté plus partagés, les nouvelles données de l'inflation les faisant désormais entrevoir une hausse dès la fin du mois.

Alimentaire stable, santé en baisse

Ils sont en effet près de 50% à prévoir une hausse de 0,25 point sur cette réunion, selon l'outil de veille de CME, FedWatch, alors qu'ils s'attendaient encore mardi à plus de 70% à un maintien des taux fin octobre.

Sans surprise, la hausse des prix s'explique avant tout par l'augmentation de ceux de l'énergie, qui ont progressé de 5,2% sur un mois, et même 15,3% dans le cas du fuel, dans tous les cas en forte accélération par rapport au mois précédent.

Sur un an, les prix de l'énergie ont connu une hausse de plus de 20% et même de près de 75% dans le cas du fuel, du fait de la guerre lancée par Israël et les États-Unis contre l'Iran et ses conséquences sur la production d'énergie et le commerce mondial, notamment avec la fermeture prolongée du détroit d'Ormuz, par où transite 20% des hydrocarbures mondiaux.

La conséquence est également que le coût des transports augmente plus fortement, de 0,6% sur un an, la plus forte hausse depuis mars dernier, peu après le début du conflit.

Un coût supplémentaire appelé à durer, alors que le prix du galon (3,8 litres) de gazole s'est durablement installé au-dessus de la barre des 6,50 dollars et que ce carburant est largement utilisé par les camionneurs américains, mais également les agriculteurs pour leur matériel agricole.

L'alimentation n'a en revanche connu aucune hausse au mois de septembre, une bonne nouvelle pour le portefeuille des consommateurs américains.

Autre bonne nouvelle pour les Américains, les frais de santé poursuivent leur décrue, avec un recul de 0,7% sur un mois et une baisse cumulée de 3,3% sur un an.

Dans ces conditions, l'inflation dite sous-jacente, qui exclut l'alimentation et l'énergie, s'est également accélérée, mais de manière moins marquée, atteignant 2,6% sur un an, contre 2,4% un mois plus tôt.

Sur un mois, cette inflation sous-jacente progresse de 0,3%, soit une hausse similaire à celle observée en août, mais un peu supérieure aux attentes des marchés, qui espéraient la voir ralentir légèrement.

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