Une exception en Europe
L'Espagne lance un plan de régularisation de sans-papiers

L'Espagne a lancé ce mardi un ambitieux plan de régularisation des sans-papiers, visant près d'un demi-million de personnes. Pedro Sánchez justifie cette mesure par le besoin de soutenir l'économie et d'adresser le vieillissement démographique.
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L'Espagne a lancé ce mardi un ambitieux plan de régularisation des sans-papiers, visant près d'un demi-million de personnes.
Photo: keystone-sda.ch
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AFP Agence France-Presse

A rebours du durcissement migratoire observé dans une grande partie de l'Europe, l'Espagne lance mardi un vaste plan de régularisation de sans-papiers qui pourrait bénéficier à «près d'un demi-million de personnes» et soutenir l'économie, a annoncé le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez.

«Le Conseil des ministres va approuver aujourd'hui un décret royal qui lance le processus de régularisation extraordinaire de personnes en situation irrégulière dans notre pays», a-t-il indiqué dans une lettre aux Espagnols publiée sur le réseau social X, confirmant cette initiative qui avait été annoncée fin janvier et devrait concerner au premier chef des migrants latino-américains.

«Cette régularisation est, avant tout, un acte de normalisation. Celui qui consiste à reconnaître la réalité de près d'un demi-million de personnes qui font déjà partie de notre vie quotidienne», a poursuivi Pedro Sánchez. La porte-parole de son gouvernement de gauche, Elma Saiz, a précisé à la radio Cadena Ser que la procédure allait «commencer dès cette semaine», à partir du jeudi 16 en ligne, puis de manière présentielle le lundi 20, et «s'achèvera(it) le 30 juin».

Dans sa lettre aux Espagnols, Pedro Sánchez a justifié ce vaste plan de régularisation en évoquant «une nécessité» face au vieillissement de la population espagnole et pour soutenir l'économie nationale, la quatrième de la zone euro et aujourd'hui l'une des plus dynamiques d'Europe. «Nous sommes conscients que les migrations posent des défis. Il serait irresponsable de le nier», a-t-il aussi reconnu, estimant pour sa part que «la migration est une réalité qui doit être gérée avec responsabilité, intégrée avec justice et transformée en prospérité partagée».

Une exception en Europe

«C'est un processus de régularisation comme nous en avons déjà connu tout au long des plus de 40 années de démocratie dans notre pays, y compris sous des gouvernements du Parti populaire», a-t-il aussi déclaré lors d'une conférence de presse depuis Pékin, où il est en visite officielle, visant le principal parti d'opposition de droite, opposé à cette mesure, comme l'extrême droite de Vox.

Favorable à une politique d'accueil, son gouvernement de gauche espagnol fait figure d'exception sur la question migratoire au sein de l'Union européenne, à rebours du durcissement opéré par de nombreux pays du bloc. Pour faciliter la mise en oeuvre de son plan, le gouvernement de Pedro Sánchez va adopter un «décret royal», une réglementation prévue dans la Constitution qui doit ensuite être publiée au Journal officiel, sans devoir passer par un vote au Parlement, où l'exécutif ne dispose pas de majorité.

Cette réforme réglementaire est présentée à la suite d'une initiative populaire signée par plus de 600'000 personnes et soutenue par quelque 900 associations, qui exigeait la régularisation exceptionnelle de tous les immigrés en situation irrégulière en Espagne. L'Espagne est l'une des trois principales portes d'entrée de l'immigration en Europe, avec l'Italie et la Grèce, majoritairement via son archipel des Canaries, au nord-ouest de l'Afrique.

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