C'est un drame qui secoue toute l'Espagne. Dimanche 18 janvier, un train Iryo Frecciarossa 1000 a déraillé près d’Adamuz – à 360km au sud de Madrid – alors qu'il circulait à plus de 200 km/h. Les 6e, 7e et 8e voitures ont quitté les rails et franchi la voie opposée, percutant alors un train Renfe Alvia qui arrivait à 205 km/h. Le bilan des victimes s'élève pour l'instant à 41 personnes morts et 39 personnes, dont quatre enfants, restent hospitalisés.
Dans les heures qui ont suivi le drame, les causes de ce déraillement sont restées obscures. Mais d'après le média espagnol «El Mundo» ce mardi 20 janvier, de nouvelles investigations ont mis en avant une jonction défectueuse des rails, générant un écart qui se creusait de plus en plus lors du passage des trains.
Un espace de plus de 30cm
Plusieurs techniciens ont déclaré au journal que la rupture – longue de plus de 30 cm et probablement présente depuis un certain temps – provenait d'une mauvaise soudure ou d'une soudure détériorée par le trafic ou les conditions climatiques. Selon les observations, les premières voitures du train Iryo ont bien franchi l'écart entre les rails, mais le huitième et dernier wagon, lui, a flanché, entraînant la sixième et septième voiture dans le talus.
Les sources proches de l'enquête confirment que les efforts se concentrent désormais sur ce tronçon, évalué par ultrasons. Sur place, l'atmosphère de travail est décrite comme très tendue.
Le blason de l'Espagne entaché
Le coup porté au prestige du réseau ferroviaire espagnol est rude. S'étendant sur 4000 km, ce réseau a connu une forte croissance du trafic et de la demande ces quatre dernières années grâce à la libéralisation du marché ferroviaire. Ce modèle, combinant exploitation publique et initiatives privées, est considéré comme une réussite et fait même l'objet d'études à l'international.
Il ne fait aucun doute que cet accident aura de lourdes conséquences juridiques. Sur ce point, les regards se tournent vers Adif, l'organisme public espagnol chargé de gérer les infrastructures ferroviaires, ainsi que vers Ferrovie dello Estato, l'entreprise publique italienne qui détient 51% du capital de l'opérateur ferroviaire privé espagnol Iryo, dont était issu l'un des deux trains.
Carlos Bertomeu, président d'Iryo, a cependant souligné que ce train, à «la pointe de la technologie» et âgé de moins de trois ans, avait été intégralement entretenu et inspecté pour la dernière fois le 15 juin 2025. De son côté, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a promis une «transparence absolue» sur cette catastrophe.