Le parquet polonais a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête pour trafic d'êtres humains sur la base de documents tirés du dossier du criminel sexuel Jeffrey Epstein. Les auteurs «auraient organisé le transport de victimes», soupçonnent les procureurs.
Le parquet national a indiqué qu'il examinait si des femmes, y compris des mineures, avaient été recrutées en Pologne «en les induisant en erreur sur la véritable nature de l'emploi envisagé à l'étranger».
Les procureurs soupçonnent les auteurs «d'avoir organisé le transport (des victimes) hors des frontières de la République de Pologne et de les avoir remises à d'autres personnes aux fins d'exploitation sexuelle». Les faits concernent la période 2009-2019. «Les documents analysés jusqu'à présent justifient une suspicion raisonnable de commission du crime de traite des êtres humains» en Pologne, ont-ils indiqué.
Recherche de «possibles complices polonais»
Le Premier ministre Donald Tusk a déclaré le mois dernier que les autorités recherchaient d'éventuels liens entre le financier américain, mort en prison en 2019, et les services de renseignements russes, ainsi que tout lien qu'il aurait pu avoir avec la Pologne.
Le ministre de la Justice Waldemar Zurek a de son côté indiqué que les services secrets, le parquet et la police unissaient leurs forces pour enquêter sur de possibles complices polonais dans l'entourage d'Epstein.
La Pologne a également adressé des demandes d'entraide dans le cadre de l'enquête à deux pays européens encore non identifiés. En Pologne, la traite d'êtres humains est passible de vingt ans de prison.
La publication massive de documents du dossier Epstein le 30 janvier aux États-Unis a provoqué enquêtes pénales, arrestations et démissions dans le monde entier, principalement en Europe.