Un cerveau présumé de l'organisation russe de hackers Qilin a été arrêté au Japon et extradé en Allemagne pour avoir commis des cyberattaques contre des entreprises et des institutions dans l'ouest du pays, ont annoncé mercredi les autorités allemandes.
C'est la première fois qu'un membre de «l'un des réseaux de hackers les plus connus et les plus agressifs au monde» est saisi par la police, s'est félicité le ministère de l'Intérieur de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (ouest) dans un communiqué.
Avec l'aide de la police japonaise, les enquêteurs allemands ont arrêté l'une des «têtes pensantes» de Qilin, un Russe de 28 ans, pendant ses vacances au Japon, a précisé le ministre Herbert Reul lors d'un point presse.
4000 entreprises extorquées
«Depuis 2024, cette bande a extorqué près de 4000 entreprises dans le monde. En Rhénanie-du-Nord-Westphalie, nous connaissons 30 entreprises ou institutions qui en ont été victimes», a-t-il ajouté.
«Elle fait partie des bandes de maîtres-chanteurs les plus impitoyables, avec 2,9 milliards de dollars (2,6 milliards d'euros NDLR) de rançons exigés depuis quatre ans» selon lui.
La police criminelle régionale et l'organe de lutte contre la cybercriminalité avaient au préalable infiltré Qilin et surveillé ses membres pendant des mois. Ils ont remonté les flux de paiement en cryptomonnaies des individus, a déclaré le ministre régional de la justice Benjamin Limbach.
Attaque par rançongiciel
Selon un journal japonais, s'appuyant sur des sources anonymes, l'homme serait notamment responsable d'une attaque par rançongiciel contre une entreprise allemande de logistique.
Il aurait fait chanter l'entreprise en menaçant de publier des données volées et aurait exigé l'équivalent de près de 150.000 euros en bitcoins.
L'an dernier, Qilin avait fait les titres avec une cyberattaque contre le géant japonais de la bière Asahi, perturbant les commandes et les expéditions de ses produits.
Le groupuscule serait aussi responsable indirectement de la mort d'un patient britannique dans un hôpital de Londres, après une cyberattaque menée en juin 2024 contre un fournisseur du service public de santé NHS, perturbant plus de 10.000 rendez-vous médicaux, selon la BBC.
Berlin, premier soutien de Kiev, impute à Moscou la recrudescence d'opérations d'espionnage, de déstabilisation et de cyberattaques sur son sol depuis le début de l'invasion russe.