Lundi matin en Espagne
«Gagner une finale de Coupe du monde et devoir bosser le lendemain, c'est un peu dur, non?»

La Roja célèbre son deuxième sacre mondial après avoir battu l’Argentine. Dans un Madrid en effervescence, les supporters épuisés mais euphoriques attendent l’arrivée triomphale des joueurs ce soir à Cibeles.
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La Roja célèbre son deuxième sacre mondial.
Photo: keystone-sda.ch
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AFP Agence France-Presse

Lendemain de fête dans les rues du centre de Madrid. Canettes de bière, bris de verre, sacs plastique jonchent la plus grande avenue de la capitale et les services de nettoyage s'affairent à toute vitesse pour dégager le passage: dans quelques heures les champions du monde arrivent.

«Franchement, je suis crevé, parce qu'avec toute cette histoire de prolongation et si ensuite tu vas fêter ça à Colon (dans le centre), il est déjà trois heures du matin, tu dors quatre petites heures et... Et maintenant, direction le boulot».

Bruno González del Yerro a des petits yeux ce lundi matin, quelques heures à peine après le sacre de la Roja, l'équipe d'Espagne, mais «le café et l'adrénaline de la victoire» aideront ce financier de 32 ans à tenir.

Il attend avec impatience la fin de sa réunion matinale pour «prendre un café avec les collègues» mordus de foot comme lui «et reparler un peu du match».

«J'ai beaucoup de cernes, je me suis couchée à 4 heures du matin et je dois aller travailler! «, rit Catalina Sanchez, secrétaire de 64 ans qui ose à peine enlever ses lunettes de soleil, après une nuit passée à célébrer la victoire avec ses filles.

Difficile d'avoir la tête au travail «avec ce qu'il s'est passé hier» pour Paco Penadés: «Franchement, gagner une finale de Coupe du monde et devoir bosser le lendemain, c'est un peu dur, non?» demande ce fonctionnaire de 43 ans qui réclame à l'avenir que la finale se tienne «un samedi».

La sélection espagnole est attendue dans la journée

Tomas Hernanz et Martin Peña, lycéens de 18 ans, ont la voix cassée eux aussi.

Après une longue nuit de fiesta, Tomas porte le drapeau de l'Espagne noué sur ses épaules et les deux amis ne comptent pas aller se coucher de sitôt car «c'est quelque chose qu'on ne vit que tous les quatre ans», et «peu de sélections ont eu l'occasion de gagner ce trophée».

Ils vont «passer toute la journée à Madrid en attendant l'arrivée des joueurs, car «c'est quelque chose que nous voulons vivre maintenant, et on ne va pas le regretter», ajoute Tomas.

La sélection espagnole doit déambuler dans le centre de la capitale et terminer son défilé dans la soirée sur la place de Cibeles, siège de la mairie et lieu traditionnel des célébrations des titres de l'Espagne, mais aussi du Real Madrid.

Une cérémonie doit y être organisée sur une scène spécialement montée pour l'occasion pour célébrer les joueurs et le sélectionneur Luis de la Fuente.

«Dès que je pourrai, je vais aller accueillir nos champions», dit José Márquez, militaire de 37 ans qui travaille «juste à côté».

Il tente tant bien que mal de dissimuler sa fatigue: «je me suis couché à 2 heures du matin, je n'ai pas beaucoup dormi mais ça valait la peine».

Le pays a exulé

Dans les rues madrilènes, les joues de certaines supportrices sont encore barrées des traits jaunes et rouges, et d'autres se pressent pour aller travailler encore vêtues du maillot de la Roja.

Certains jeunes supporter sont écroulés sur le bitume, et chantonnent. La victoire de la Roja, l'équipe nationale, face à l'Argentine, seize ans après son premier sacre en Coupe du monde, a donné lieu à des explosions de joie partout en Espagne : klaxons, vuvuzelas, feux d'artifice cris et sauts, tout le pays a exulté lors du coup de sifflet final et a continué à faire la fête tard dans la nuit.

Mais la nuit de célébrations a été endeuillée par la mort d'un adolescent à Ciudad Rodrigo, dans l'ouest de l'Espagne, après l'effondrement d'une fontaine où avait grimpé plusieurs spectateurs et qui s'est écroulé sous leur poids.

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