Le président de l'Assemblée nationale du Sénégal, Ousmane Sonko, a été largement réélu samedi à la tête du parti Pastef, majoritaire dans l'institution parlementaire, dans un contexte de brouille avec le chef de l'État Bassirou Diomaye Faye. Le Sénégal traverse une période marquée par une crise politique ouverte entre le président Faye et Sonko, son ex-compagnon de route politique et ex-Premier ministre qu'il a limogé le 22 mai. Cette situation est susceptible de nourrir l'instabilité économique et la défiance des bailleurs, alors que le pays est lourdement endetté.
Ousmane Sonko a été réélu «à l'unanimité» président de Pastef par les 583 délégués des sections nationales et de la diaspora réunis samedi à Diamniadio, près de Dakar, lors du premier congrès de ce parti qu'il dirige depuis sa création en 2014, selon un texte lu par Ngouda Mboup, qui a supervisé le vote. Après son limogeage, Sonko a été remplacé au poste de Premier ministre par le banquier Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, qui a formé le 2 juin un gouvernement boycotté par Pastef mais auquel participent des alliés et membres dissidents de ce parti.
Crise politique
«Si Pastef le veut, dans 72 heures, ce gouvernement peut tomber. Mais nous ne le censurerons pas. Nous allons les accompagner», a affirmé Sonko le 2 juin. Pastef (Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l'éthique et la fraternité), qui détient 130 des 165 sièges à l'Assemblée nationale, peut à tout moment déposer une motion de censure et renverser le gouvernement.
Il peut également censurer le gouvernement lors de la présentation de son programme, dont la date n'a encore pas été déterminée, ont expliqué à l'AFP d'anciens parlementaires.
Mais le président Faye peut aussi reformer un gouvernement après une censure et dissoudre l'Assemblée nationale - mais seulement deux ans après sa mise en place, donc à partir de novembre 2026. Il peut ainsi recourir à des pouvoirs exceptionnels en vertu de l'article 52 de la Constitution et gouverner ensuite par ordonnances pendant trois mois, sans passer par l'Assemblée nationale, selon les textes.