«Arbitraire et capricieux»
Sur liste noire, le géant chinois Alibaba s'en prend au Pentagone

Le géant technologique chinois Alibaba poursuit le Pentagone aux Etats-Unis pour l'avoir classé comme «entreprise militaire chinoise». L'entreprise rejette ces accusations et exige d'être retirée de la liste noire.
Joe Tsai, cofondateur et président d'Alibaba, à Paris, le 18 juin 2026.
Photo: Anadolu via Getty Images

En bref

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  • Alibaba poursuit le Pentagone pour inscription sur liste noire devant un tribunal californien.
  • Le Pentagone classe Alibaba comme «entreprise militaire chinoise», ce que l'entreprise dément.
  • La liste comprend 80 entreprises; tout nouveau contrat est interdit à compter du 30 juin.
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AFP Agence France-Presse

Le géant chinois Alibaba a déposé une plainte contre le Pentagone devant la justice américaine pour contester son inscription sur liste noire, expliquant mercredi contester sa désignation comme «entreprise militaire chinoise».

«La décision d'inscrire Alibaba sur la liste est arbitraire et capricieuse, et nous intentons une action en justice contre le ministère de la Guerre pour exiger que l'entreprise soit retirée de cette liste», a déclaré mercredi un porte-parole du géant chinois du commerce en ligne à l'AFP. Alibaba «n'est pas une entreprise militaire chinoise et ne fait partie d'aucune stratégie de fusion entre le secteur militaire et le secteur civil», a-t-il affirmé.

Avec cette plainte déposée mardi devant le tribunal fédéral de San José (Californie), Alibaba conteste remplir les critères pour figurer sur la liste noire du ministère de la Défense américain actualisée début juin et qui répertorie 80 entreprises, auxquelles s'ajoutent des filiales, accusées de travailler avec l'armée chinoise.

«Ces conclusions n'ont aucun fondement factuel ni juridique», assure la plainte publiée en ligne. Les géants Baidu (moteur de recherche) et BYD (voitures électriques) ont également été ajoutés à cette liste. En vertu de cette inscription, à compter du 30 juin, le Pentagone ne peut plus conclure de nouveaux contrats avec les entreprises désignées ou leurs filiales contrôlées.

«Les effets se font déjà sentir»

Ceci restreint également la capacité de l'entreprise à faire appel à des cabinets de lobbying aux Etats-Unis, ce qui, selon la plainte déposée, viole les droits garantis par le Premier amendement, sur les libertés fondamentales. «Les effets se font déjà sentir: des défenseurs qui représentaient Alibaba depuis des années ont informé l'entreprise qu'ils ne pouvaient plus le faire», indique la plainte.

Dans le cadre de cette action en justice, Alibaba s'est présenté comme une société cotée en Bourse, spécialisée dans le commerce électronique et les services cloud, dont l'actionnariat est diversifié et dominé par de grandes institutions financières américaines, notamment JPMorgan, Citigroup et BlackRock.

Un mois après la visite de Trump

La Chine a annoncé lundi sanctionner des dizaines d'entreprises américaines, notamment des secteurs de la défense et des terres rares, en réponse à cette liste noire du Pentagone.

Le 11 juin, le groupe pharmaceutique chinois WuXi a intenté une action en justice contre le Pentagone après avoir été ajoutée à cette même liste. L'épisode intervient un mois après la visite à Pékin du président américain Donald Trump, censée oeuvrer à la détente entre les deux puissances.

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